Travail: l’ampleur des discriminations contre les afro-descendants dévoilée

L'Unia montre comment les personnes d'origine subsaharienne ont moins d'emplois et des salaires plus bas que les autres, quel que soit le niveau de diplôme.

Un entretien d'embauche à Évry
Un entretien d’embauche à Évry (France), le 16 novembre 2006 @BelgaImage

Les personnes afro-descendantes sont souvent les plus défavorisées sur le marché du travail, avec un taux d’inactivité plus fort et des déciles salariaux plus bas, ressort-il d’un rapport d’Unia publié lundi.

"Un contraste frappant"

Le taux d’emploi général en Belgique en 2016 est de 65,8 %. Il est le plus élevé pour les personnes d’origine belge, avec 73,7 %. Avec 45,8 %, les personnes d’origine subsaharienne ont le taux d’emploi le plus bas (après les personnes originaires du Proche et du Moyen-Orient). En général, le taux d’emploi s’élève avec le niveau de diplôme, sauf pour les personnes d’origine étrangère qui ne bénéficient pas de cette relation positive.

Un résultat particulièrement frappant pour les personnes d’origine subsaharienne pour qui de longues études sont moins profitables, note Unia. Quel que soit le niveau de diplôme, les personnes d’origine subsaharienne ont les taux d’emploi les plus faibles de toutes les origines. Et avec 59,7 %, le taux d’emploi des personnes d’origine subsaharienne diplômées de l’enseignement supérieur est proche de celui des personnes d’origine belge ayant tout au plus un diplôme de l’enseignement secondaire inférieur (55 %).

L’impact se fait aussi ressentir en matière de salaire: les travailleurs d’origine subsaharienne ayant un diplôme de l’enseignement supérieur se retrouvent plus souvent à des niveaux de salaire inférieurs à ceux d’une autre origine malgré un niveau de diplôme et domaine d’étude identiques: les travailleurs ayant un diplôme de l’enseignement supérieur d’origine subsaharienne sont chaque fois trois déciles en dessous de ceux d’origine belge. "Le contraste entre leur niveau élevé de formation et leur faible taux d’emploi est frappant", s’inquiète Patrick Charlier, directeur d’Unia, qui demande des solutions structurelles.

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