Semaine de quatre jours: ce qui a été décidé… et ce qui reste flou

Loin de diminuer le temps de travail, la semaine de quatre jours made in De Croo vise à augmenter le taux d’emploi de 70 à 80 %.

semaine de quatre jours
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Ce qui a été décidé

Temps plein compacté
L’accord trouvé par le gouvernement De Croo ne ­prévoit pas d’alléger les semaines de travail, mais au contraire de les condenser. Concrètement, il sera ­possible de travailler jusqu’à 9h30 par jour, contre 8 h actuellement, pour prester ses heures sur quatre jours au lieu de cinq.

Semaine alternée
Autre configuration possible: des semaines de cinq jours, tantôt allégées, tantôt chargées. L’idée, mise en avant par le gouvernement, est de permettre aux parents séparés de travailler moins une semaine, en compensant la suivante. Néanmoins, il ne sera pas ­possible de travailler plus de 45 h par semaine.

Base volontaire
Ce nouvel aménagement du temps de travail se fera sur base volontaire, à la demande de l’employé, qui informera son supérieur de son souhait par écrit. La demande pourra être renouvelée, ou non, tous les six mois. Les travailleurs à temps partiel ne devraient pas bénéficier de la mesure.

Droit à la déconnexion
Au-delà de la semaine de quatre jours, l’accord redéfinit plus largement le cadre du travail, notamment concernant la vie privée. Les entreprises de plus de 20 salariés seront désormais obligées de respecter le droit à la déconnexion. Fini, donc, les appels de son patron le soir ou les mails intempestifs le week-end.

Ce qui reste flou

Quid de l’organisation?
Pour un bon nombre de métiers et d’entreprises, ­travailler 9h30 par jour au lieu de 8 h pour compacter les semaines semble compliqué, voire tout simplement impossible. La ministre de la Fonction publique, Petra De Sutter, a d’ailleurs fait remarquer que la réforme ne s’adressait pas, pour le moment, aux fonctionnaires.

Quid de la vie familiale?
Travailler près de 10 h par jour pose également question pour les employés ayant des enfants, souligne la Ligue des familles. Selon l’organisation, la réforme “ne répond pas aux défis actuels” et risque d’accentuer les contraintes familiales. “Cela implique des garderies et des écoles accessibles 12 heures par jour”, pointe de son côté Thierry Bodson, président de la FGTB.

Quid si mon patron refuse?
Un employeur a le droit de refuser la demande d’aménagement du temps de travail d’un employé, tant qu’il motive ses raisons (problème organisationnel, etc.). Si le principe semble simple, la mise en pratique s’annonce moins fluide, notamment dans des organisations aux rapports de force tendus.

Quid de la date d’entrée en vigueur?
Aucune date n’a été communiquée concernant la mise en place effective de cette réforme du travail. Le texte doit encore être finalisé, puis soumis à l’avis du Conseil national du travail, avant d’être envoyé au Conseil d’État et enfin voté au Parlement. Cela pourrait se faire avant l’été.

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