Le patron de Volkswagen évoque la suppression de 30.000 emplois

Le directeur de la société verrait dans cette mesure l'opportunité de rebondir pour contrer Tesla. Mais depuis, le groupe a réagi pour contredire ses propos.

Le patron de Volkswagen évoque la suppression de 30.000 emplois
Herbert Diess le 26 juillet 2021 à Wolfsburg @BelgaImage

Le patron de Volkswagen a mis en garde lors d’une réunion interne contre le risque de devoir supprimer jusqu’à 30.000 emplois pour maintenir la compétitivité dans la transition électrique, selon des informations de presse et une source interrogée par l’AFP. L’entreprise a toutefois démenti cette information mercredi après-midi.

Des annonces contradictoires

Herbert Diess «a évoqué ses craintes pour l’avenir de l’entreprise» et la question des coûts trop élevés «comparé à la concurrence» lors d’une réunion du conseil de surveillance le 24 septembre, écrit le quotidien économique Handelsblatt. «La restructuration de Volkswagen pourrait menacer un poste sur quatre chez la marque VW» et «une suppression de jusqu’à 30.000 emplois est possible», ajoute le journal, qui a révélé les discussions internes mercredi.

Herbert Diess a exposé «des spéculations sur un scénario extrême» faisant référence à l’introduction de la semaine de quatre jours en 1994 qui «à l’époque» a «sauvé près de 30.000 emplois», nuance une source syndicale au sein du conseil de surveillance, interrogée par l’AFP. Il existe toutefois «un consensus» que «si les ajustements nécessaires ne sont pas faits dans les prochaines années, cela pourrait dans le cas extrême avoir des conséquences sur l’emploi», a souligné cette source. Une autre source remet également en cause le caractère conflictuel de la réunion, alors que le Handelsblatt évoque un «éclat» et la «colère» des membres du conseil de surveillance face à la menace de suppression de postes.

«Il faut s’occuper de la compétitivité de notre usine de Wolfsburg», le siège historique du groupe, a déclaré pour sa part un porte-parole de M. Diess, évoquant la concurrence de Tesla, qui construit actuellement sa nouvelle usine en Allemagne, jugée plus efficace. «Le débat est lancé et il y a déjà beaucoup d’idées» mais «pas de scénarios concrets», a-t-il ajouté à l’AFP. «De manière générale, une suppression de 30.000 emplois est absurde», a réagi un porte-parole du comité d’entreprise.

M. Diess a déjà évoqué devant des dirigeants une profonde réorganisation du site de Wolfsburg avec la démolition et reconstruction de plusieurs bâtiments dans le cadre du «projet Trinity», une nouvelle gamme de véhicules plus compétitifs. «Nous lançons la course contre Tesla» et «Trinity va révolutionner Wolfsburg», a tweeté M. Diess début octobre. La réorganisation de Volkswagen devrait être évoquée le 12 novembre lors de la réunion de cette instance consacrée à un plan d’investissement pluriannuel.

VW a toutefois démenti, mercredi après-midi, l’annonce de ce plan visant la suppression de 30.000 emplois. «Ce n’est pas un thème» à l’ordre du jour, a déclaré la direction du groupe, précisant cependant que la compétitivité de l’usine de Wolfsburg devait être examinée. Volkswagen pointe du doigt les nouveaux acteurs du marché, et dit s’intéresser particulièrement à Berlin, où le fabricant de voitures électriques Tesla est en train de construire une nouvelle grande usine.

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