Coupe du Monde 2022 : six bonnes raisons de soutenir les Diables Rouges

La Coupe du monde pue la corruption, le sang séché et le monoxyde de carbone, et chapeau à ceux qui se tiennent à leur décision de boycotter. Mais pour les autres, qui se demandent si cela vaut la peine de regarder ces Diables en bout de course, on est persuadé que oui. Voici pourquoi.

Diables Rouges
Diables Rouges @BelgaImage

À la base, ce papier devait s’appeler " 5 raisons d’y croire ". Mais croire à quoi ? Une victoire finale ? Objectivement, on a cherché, et on ne les a pas trouvées ces fameuses raisons. Les Belges qui pensent que les Diables ramèneront la coupe à la maison doivent être les mêmes que ceux qui croient éviter la régularisation de leur facture d’énergie grâce à leur acompte. Mais ne pas faire partie des plus optimistes ne doit pas nous empêcher de supporter nos joueurs. Alors on a décidé d’insister sur les raisons qui doivent pousser les supporters belges (qui ont choisi de ne pas boycotter, évidemment) à soutenir ces Diables, qui nous ont offert tant d’émotions depuis dix ans.

La der’ de la génération dorée

La première raison est la plus importante. Depuis le 15 août 2012, et cette victoire épique 4-2 au Roi Baudouin face aux voisins néerlandais, la Belgique s’est redécouvert un amour pour son équipe nationale. Un match amical, certes, mais qui préparait le terrain de cette fameuse génération que l’on n’imaginait pas encore aussi dorée. S’en suivait, sous les ordres d’un Marc Wilmots rassembleur, une campagne de qualifications brillante. 26/30 en ayant joué la Croatie, la Serbie et l’Ecosse. Jamais on n’aurait pu imaginer cela, après douze ans sans la moindre qualif pour un grand tournoi. En parallèle, la Fédération surfait sur l’engouement avec des défis relevés par le public puis par les Diables eux-mêmes. On se souvient notamment d’Eden Hazard et Nacer Chadli s’incrustant dans une famille pour recouvrir les cahiers scolaires d’un petit supporter.

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Un quart de finale de Coupe du monde, puis d’Euro, plus tard, Wilmots a laissé sa place à Roberto Martinez et là, nous avons découvert qu’en plus d’avoir de bons joueurs, nous avions une bonne équipe. Et objectivement, on a pris un pied pas possible. Souvent ils dominaient, parfois ils écrasaient leurs adversaires. En 2018, Hazard, De Bruyne, Witsel ou Lukaku ont atteint leur meilleur niveau et on a frôlé le plus grand des titres sportifs.

Oui, il y a eu des déceptions. La demi-finale de 2018 en tête. Les deux quarts d’Euro aussi, en particulier celui de 2016. On a cru pouvoir le faire en Ligue des nations mais là aussi, la team de Martinez a fini par craquer. En attendant, depuis le Brésil 2014, la Belgique a chaque fois atteint la dernière semaine de compétition, s’installant dans le Top 8 mondial ou européen. La première place au classement Fifa est anecdotique, on l’a souvent dit. Mais elle ne se représentera probablement plus jamais.

En conclusion, cette génération dorée aborde son dernier tournoi. On dira peut-être (probablement ?) aussi au revoir à Roberto Martinez en décembre. Et ils méritent que les supporters qu’ils ont tant fait vibrer les portent une ultime fois, avec passion et compassion.

Une autre étiquette

C’est évident, les Diables se rendent au Qatar avec une pression nettement moindre qu’en 2018 ou à l’Euro 2020. Plus personne, en Belgique ou ailleurs, nous voit champions du monde. Et ce n’est pas plus mal. Cette étiquette d’ancien favori devenu outsider peut convenir à cette équipe qui se connait par cœur et qui a faim de revanche. Cela ne suffira probablement pas, parce qu’on n’imagine mal les grandes nations nous prendre de haut. Mais nos adversaires joueront probablement avec un bloc moins bas que ces dernières années, laissant un peu d’espaces à des joueurs qui ne demandent que ça.

Et pourquoi pas ?

En rebond au paragraphe précédent, on peut légitimement se dire que sur un malentendu, cela peut passer. Qui voyait la Grèce remporter l’Euro en 2004 ? Et le Portugal en 2016 ? Et l’Italie en 2021 ? Qui voyait la Croatie en finale en 2018 ? Pas grand-monde. Le point commun de toutes ces équipes : une grosse dose d’expérience et des noyaux qui jouaient ensemble depuis de longues années. Exactement ce dont dispose le groupe belge aujourd’hui.

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De chouettes matchs

Canada, Croatie et Maroc. Franchement, la poule est sympa et annonce de chouettes matchs. Les derniers Belgique-Croatie ont été spectaculaires et nous rappellent d’excellents souvenirs. Le Canada, que l’on affronte ce soir, est une jeune équipe assez discrète. Mais avec ses stars Jonathan David, Alphonso Davies, et son bloc ultra compact, elle n’a rien à envier à de nombreuses nations présentes au Qatar. Invaincue depuis 17 matchs, elle aborde cette soirée avec énormément de confiance. Et d’envie aussi, puisqu’il s’agira de son premier match de Coupe du monde. Le match piège par excellence. Et puis, dimanche, ce sera le Maroc. Ce qui annonce déjà une ambiance de folie à Bruxelles. Mais aussi un gros match plein d’impact physique et de vivacité.

Bref, un groupe homogène et vraiment intéressant. Niveau spectacle, on aurait pu tomber plus mal.

Les p’tits Diables

Notre équipe est vieillissante et vous craignez le pire pour Jan Vertonghen face à la vitesse de Jonathan David ? Nous aussi. Fort. Mais Roberto Martinez a profité de cette édition 2022 pour enfin appeler des petits nouveaux ou pour offrir une place plus grande aux plans B, Trossard par exemple. Debast, Theate, Openda, Onana… Notre vivier n’est pas celui de la France ou de l’Espagne, mais ces jeunes ne viennent pas toquer à la porte, ils sont prêts à la défoncer. L’occasion donc en ce mois de novembre d’apercevoir des bribes de l’avenir de notre équipe nationale.

Respecter la compétition

Attention, il n’est pas question ici de nuancer les catastrophes humaines, sociales et écologiques qui pourrissent cette Coupe du monde qatarie. Mais le problème, ce n’est pas la Coupe du monde, c’est la FIFA. Si la plus belle des compétitions traine son organisateur comme un boulet, il faut respecter ce qu’elle représente pour les joueurs et pour les supporters. Dans notre édition papier de la semaine, Swann Borsellino, consultant pour la RTBF parle d’une compétition " structurante pour les amateurs de foot, en particulier les enfants ". Et il a raison. En tant que fan, ne pas la regarder et donc, ne pas soutenir les Diables, serait un crève-cœur. Un effort que certains arrivent à faire, et on les observe avec admiration. Mais après deux ans et demi de Covid, et alors que l’actualité flirte aujourd’hui avec le scénario d’un film post-apo, les matchs, et seulement les matchs, de Coupe du monde peuvent être l’occasion de faire la fête. Sans oublier, on le répète, le contexte dégueulasse qui entoure la FIFA et le Qatar.

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