Mondial 2022: les sponsors appelés à faire pression sur la Fifa et le Qatar

Selon Human Rights Watch et Amnesty International, tous les sponsors de la Coupe du Monde devraient soutenir l’appel au dédommagement des travailleurs migrants dans le cadre des préparatifs de la compétition controversée.

terrain de football au Qatar avant la Coupe du Monde
© BelgaImage

À deux mois de la Coupe du monde au Qatar, les organisations internationales Human Rights Watch, Amnesty International et FairSquare exhortent, mardi, les sponsors de la Fédération internationale de football (Fifa) à faire pression sur celle-ci ainsi que sur le gouvernement qatari pour qu’ils " indemnisent et offrent d’autres recours aux travailleurs migrants et à leurs familles en cas de décès, blessures, salaires impayés ou dettes dues aux frais de recrutement illégaux pendant la préparation de la compétition ".

Les entreprises achètent les droits de sponsoring de la Coupe du monde parce qu’elles veulent que leurs marques soient associées à la joie, au fair-play et aux exploits humains spectaculaires accomplis sur le terrain et non pas au vol généralisé des salariés et à la mort de ces travailleurs qui ont rendu possible la Coupe du monde ", épingle Minky Worden, directrice des Initiatives mondiales à Human Rights Watch. " À seulement deux mois du coup d’envoi de la compétition, les sponsors devraient user de leur considérable influence pour faire pression sur la Fifa et sur le Qatar afin qu’ils assument leurs responsabilités en matière de droits humains envers ces travailleurs ", ajoute-t-elle.

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Cet appel intervient alors qu’un sondage commandé par Amnesty International et mené auprès de plus de 17.000 adultes dans 15 pays, dont 1.002 en Belgique, a révélé que plus de trois quarts (77%) des personnes interrogées en Belgique étaient en faveur de l’indemnisation par la Fifa des travailleurs et travailleuses migrants qui ont souffert pendant la préparation de la Coupe du monde 2022 au Qatar.

Compensation financière

En juillet dernier, les trois organisations de défense des droits humains ont écrit aux 14 entreprises partenaires de la Fifa et sponsors de la Coupe du monde pour leur demander d’intervenir auprès de l’instance dirigeante du football afin qu’elle remédie aux abus commis à l’encontre des travailleurs migrants dans le cadre des préparatifs de la compétition. Quatre entreprises – AB InBev/Budweiser, Adidas, Coca-Cola et McDonald’s – ont depuis lors déclaré soutenir une telle compensation financière. Mais dix autres sponsors, à savoir Visa, Hyundai-Kia, Wanda Group, Qatar Energy, Qatar Airways, Vivo, Hisense, Mengniu, Crypto et Byju’s, n’ont ni publiquement fait part de leur soutien à cette initiative, ni répondu aux demandes écrites de dialogue concernant les abus liés aux préparatifs de la Coupe du monde, indiquent les organisations dans un communiqué diffusé mardi.

Human Rights Watch, Amnesty International et FairSquare encouragent également les associations nationales de football à " user de leur influence et demander à la Fifa et aux autorités qataries de s’engager publiquement à créer un fonds d’indemnisation pour remédier aux graves abus commis à l’encontre des travailleurs migrants ".

" Le Qatar ou la Fifa ne peuvent rien faire pour réparer la perte d’un être cher ", regrette Nick McGeehan, directeur et fondateur de FairSquare, qui enquête sur les abus liés au travail des migrants. " Mais offrir une réparation financière aux familles en difficulté à la suite du décès d’un travailleur migrant pourrait leur apporter un sursis financier et potentiellement réduire les dommages à plus long terme ", conclut-il.

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