Ces villes belges qui boycottent la Coupe du monde au Qatar

Alors que le Mondial se tiendra du 20 novembre au 18 décembre au Qatar, de nombreuses villes et communes belges décident de ne pas la diffuser. Voici leurs raisons.

un stade de football qui va accueillir le mondial au Qatar 2022
La Coupe du Monde au Qatar est loin de faire l’unanimité © Belga Image

Une chose est certaine, c’est que l’évènement aura fait couler beaucoup d’encre. Décalée en hiver en raison des températures estivales trop chaudes, stades climatisés, greenwashing, non-respect des travailleurs, les milliers de migrants morts lors de la construction des stades, sans oublier la situation politique du pays où les droits des femmes et des personnes LGBTQIA+ sont loin d’être respectés, la liste des griefs contre la Coupe du monde de football 2022 est longue. Et en Belgique, la colère gronde.

Dans ce contexte, de nombreuses villes et communes de notre Plat Pays ont pris la décision de ne pas diffuser le Mondial cette année. Pas de zone fan, ni d’écrans géants donc, et l’appel au boycott de l’événement est de plus en plus relayé sur les réseaux sociaux.

Des raisons écologiques et éthiques

A Tubize, fief des Diables Rouges et théâtre de leurs entrainements, Michel Januth, bourgmestre de la ville, s’est prononcé sur la question. La ville de Tubize ne diffusera pas les matchs de la Coupe du Monde, peut-on lire sur son dernier post Facebook.

Pour des raisons écologiques d’abord, l’événement sportif se déroulant en hiver, le coût énergétique de la diffusion des matchs sur grand écran ainsi que celui du chauffage des chapiteaux est une aberration pour beaucoup, surtout au vu du contexte actuel.

Et puis, les conditions humaines déplorables sont également avancées par la ville afin de justifier son choix. " Par ce geste, la Ville condamne également les conditions de travail déplorables constatées tout au long de la construction des stades. Ainsi que le non-respect des droits fondamentaux, des droits des femmes et et ceux des LGBTQIA+ ", peut-on lire dans le post Facebook du bourgmestre.

Ainsi, la ville de Tubize encourage plutôt ses citoyens à se rendre dans l’Horeca tubizien et le soutenir au cours de cette Coupe du monde.

Une liste qui s’agrandit

Mais Tubize n’est pas la seule ville à prendre de telles mesures drastiques. A Braine-Le-Comte, ville natale d’Eden et de Thorgan Hazard, pas d’écran géant non plus. Ni d’" Hazard Village. " Au micro de la RTBF, le bourgmestre de la ville Maxime Daye s’exprime sur le suejt et propose une alternative somme toute assez proche que celle avancée par Tubize : " Je crois qu’on va tous être derrière les Diables rouges, parce qu’on en a besoin. […] Mais on veut envoyer les citoyens brainois vers les cafés, les buvettes et les cafétérias de club sportif. "

Même son de cloche à La Louvière: " Organiser le Mondial au Qatar bafoue nos valeurs très clairement. C’est une ineptie totale que d’être complice d’une telle organisation ", déplore Jacques Gobert, bourgmestre de la ville à nos confrères de RTL

Et la situation est similaire à Soignies: " Ce qui nous posait soucis, ajoute Fabienne Winckel, bourgmestre de Soignies, auprès de la RTL. C’est ce qui s’était passé là-bas pour l’organisation. Et puis, c’était ici aussi toutes ces infrastructures alors qu’on vit quand même des moments qui sont compliqués d’un point de vue énergétique, et autre. Donc on s’est dit que ce n’était pas du tout ce qu’on a envie de soutenir comme valeur au niveau sportif. Mais on n’empêche personne de le faire à titre privé: les clubs qui souhaitent réaliser des écrans géants ou des cafetiers peuvent le faire. Mais nous, on voulait montrer notre désapprobation par rapport à cet événement. "

Une réaction des Diables prévue mais encore inconnue

Avec la collaboration d’Amnesty International, nos Diables Rouges marqueront leur désaccord face aux dérives de l’organisation de cette Coupe du monde au Qatar lors des matchs. Si on ne sait pas encore sous quelle forme ce désaccord prendra forme, Sylvie Marissal, directrice des ressources humaines de l’Union Belge n’a pas démenti qu’un signe en soutien à la population au Qatar puisse être fait avant les matchs.  “On leur laissera le libre choix, comme toujours. C’est, eux, en tant que joueurs qui prennent ce genre de décision, mais ils en parlent“.

A moins de 70 jours du coup d’envoi d’un Mondial qui s’annonce particulier, la levée de bouclier semble continuer et la liste de villes décidant de ne prendre part aux festivités s’agrandit. Une chose est sûre, c’est que l’évènement n’est pas près d’arrêter de faire couler de l’encre.

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