Nick Kyrgios, itinéraire d’un " chaud-man "

A 15h dimanche, Nick Kyrgios foulera le gazon du prestigieux Centre Court de Wimbledon pour une rencontre au sommet. Une 1ère finale de Grand Chelem inespérée pour l’enfant terrible du tennis mondial.

Nick Kyrgios
Le joueur Nick Kyrgios lors d’en entraînement le 9 juillet © Belga Image

Il n’aura pas eu besoin de batailler une seule minute en demi-finale face à Rafael Nadal – obligé d’abandonner, victime d’une déchirure aux abdominaux – pour atteindre la finale du tournoi de Wimbledon. L’australien de 27 ans, 40ème mondial, va disputer ce dimanche le plus grand match de sa carrière. En face, un Novak Djokovic – toujours lui – au sommet de son art dans son jardin du All England Lawn Tennis and Croquet Club. Retour sur une carrière aux allures de montagnes russes entamée 9 ans plus tôt du côté de Canberra.

Des débuts en fanfare…

Nick Kyrgios fait ses débuts sur le circuit professionnel en 2013 et n’attend pas longtemps pour réaliser son premier coup d’éclat. Dès l’année suivante, alors qu’il pointe à la 144ème place mondiale et bénéficie d’une " wild card " pour le Grand Chelem anglais, l’australien crée la surprise en éliminant Rafael Nadal – numéro 1 mondial à l’époque – pour filer en quart. Les victoires de prestige, contre des pensionnaires du top 10, vont s’accumuler. Des performances qui lui permettront même d’atteindre la 13ème place mondiale. Une carrière qui démarre sur les chapeaux de roues mais freinée rapidement par un tempérament de feu.

Du haut de son mètre 93, Nick a une petite particularité : il pète les plombs aussi vite qu’il balance un service. Mais dans ce monde – trop – aseptisé qu’est le tennis, son comportement fascine autant qu’il dérange. Lancer de raquettes, moqueries, insultes envers le public, prises de bec virulentes avec l’arbitre, matchs balancés ou encore échanges musclés avec son adversaire, l’australien d’origine grecque ne rate jamais une occasion de se mettre en scène.

Sa dernière polémique en date : son non-respect du " dress code " obligatoire du tournoi le week-end passé. L’Australien arborait, pour rentrer sur le court, une magnifique paire de Jordan 1 rouge, là où les joueurs doivent être majoritairement vêtus de blanc. Aussi talentueux qu’agaçant, son comportement semble in fine cacher un certain mal être…

Avant un long chemin de croix

Cette finale, Nick va la vivre comme une renaissance avant, peut-être, une consécration. En 2019, le joueur le concède, il avait touché le fond. " J’ai vécu l’une des périodes les plus sombres de ma vie ". Alcool, drogue et automutilation, l’australien était rentré dans une spirale infernale. " J’avais des pensées suicidaires et j’avais littéralement du mal à sortir du lit, sans parler de jouer devant des millions de personnes. Je me sentais seul, déprimé, négatif, j’abusais de l’alcool et des drogues, je repoussais ma famille et mes amis. J’avais l’impression de ne pouvoir parler ou faire confiance à personne. ".

Depuis, le joueur a remonté la pente, doucement et avec l’aide de ses proches. Retombé à la 133ème place mondiale au début de l’année, Nick a décidé de sortir son meilleur tennis au meilleur moment. Alors dimanche, sur le gazon londonien, Nick Kyrgios a rendez-vous avec l’histoire, son histoire pour ce qui est, d’ores et déjà, le point d’orgue d’une carrière plus que mouvementée.

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