Le tac au tac de Felice Mazzù: "Il y a toujours le rêve de réussir"

Il écrit une très belle page du foot belge et séduit même ceux qui n’y connaissent rien. La preuve…

Felice Mazzu ©BelgaImage
Felice Mazzu ©BelgaImage

Il n’y a pas beaucoup de belles histoires dans l’actualité. Ce que vous avez accompli avec l’Union Saint-Gilloise, c’est une tellement belle histoire. Ça ne peut pas s’arrêter comme ça… 

Cette histoire a commencé il y a quatre ans, avant que je n’arrive, au moment où les propriétaires anglais avaient comme objectif de créer quelque chose de nouveau avec le club. Je suis arrivé à un moment où l’Union était en train de renaître et ça nous a facilité le travail. Dans le milieu du football, c’est très difficile de construire un groupe comme celui que j’ai depuis deux ans. Ça fait pas mal d’années que je suis dans le football, et j’ai rarement vu un public comme on a la chance d’en avoir un à l’Union – positif et familial.

Et tendance! Parmi les fans de l’Union, il y a des branchés, des bobos,  des intellos, des jeunes, des jeunes pères et des jeunes mères avec leurs enfants… 

Ce n’est pas un hasard. Il y a une raison à cela… La principale raison c’est que le public se reconnaît dans les valeurs véhiculées par les joueurs. Le parcours de nonante-cinq pour cent de ces joueurs a été difficile, ils avaient une vie professionnelle et faisaient du foot le soir en amateur. Ils ont réussi à atteindre un niveau professionnel en gardant les valeurs de travail et d’humilité. Et si les parents viennent avec leurs enfants à l’Union, c’est parce qu’ils veulent leur inculquer ces valeurs.

Des parents viennent au stade avec leurs enfants, vous venez au stade avec votre papa…

Oui, mon papa est toujours là, quand on joue à l’Union, pas en déplacement. J’aime bien de le savoir dans mon dos,  ça me permet de sentir une certaine autorité derrière moi et de rester droit. Si je me retourne et qu’il me sourit, je sais que c’est un vrai sourire, pas un sourire hypocrite.

Votre papa qui, comme pas mal d’Italiens, était mineur… 

Oui, il est arrivé en Belgique en 1952 et depuis, il a construit sa vie avec sa famille à Charleroi…

Quel genre de gamin étiez-vous?   

Je n’aime pas trop parler de moi car je pourrais dire des choses qui me feraient passer pour prétentieux… Le parcours d’un fils d’immigré n’est pas toujours simple dès qu’il s’agit de se faire une place dans la société. Dans ma famille, on a vécu avec des moyens limités, mais des moyens suffisants pour être heureux.  Dans cet environnement, il y a toujours le rêve de réussir et de faire quelque chose de grand. On sait qu’il y aura des difficultés, de la moquerie, de la déstabilisation, de la jalousie, mais il y aura aussi de l’amour… Tout ça m’a permis d’être celui que je suis. Je suis fier du petit jeune homme de 12 ans qui a commencé à jouer au foot avec des baskets de balle pelote parce que mon papa ne pouvait pas me payer autre chose et qui est devenu entraîneur professionnel…

Vos enfants sont-ils foot? Avez-vous essayé de leur interdire?

J’ai un fils de 18 ans qui est dans le foot à cent pour cent – évidemment! Mais je lui ai laissé sa liberté… Je ne l’ai pas poussé et je ne suis pas le papa qui veut voir en lui ce que je n’ai pas réussi en tant que joueur…

Pour lui, être le fils de Felice Mazzù, c’est classe… 

C’est peut-être classe à certains moments, mais ça peut être embêtant à d’autres…

Bémol quand même…  Le stade de l’Union est situé en plein dans un quartier très populaire de Forest et les jours de match, les riverains doivent bouger leur voiture et pour se garer, c’est un enfer… 

C’est une vraie catastrophe, je comprends les riverains et à un moment donné, il va falloir trouver une solution.

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