L’Union Saint-Gilloise, du rêve à la désillusion

L'épopée unioniste touche à sa fin. Après une saison tonitruante en phase classique, les Saint-Gillois doivent laisser s'échapper le Club de Bruges.

L’Union Saint-Gilloise, du rêve à la désillusion
Union’s Dante Vanzeir reacts during a soccer match between Royale Union Saint-Gilloise and Oud-Heverlee Leuven, Friday 26 November 2021 in Brussels, on day 16 of the 2021-2022 ‘Jupiler Pro League’ first division of the Belgian championship. BELGA PHOTO LAURIE DIEFFEMBACQ

" Les Dieux du football nous ont fait défaut. " Anthony Moris a vu juste. Les cierges et les prières n’y auront rien changé. L’Union Saint-Gilloise se retrouve seule face à ses désillusions après une nouvelle défaite contre le FC Bruges.

En état de grâce depuis le début de la saison, les Saint-Gillois semblaient être portés jusqu’à ce mercredi par une lumière incandescente. Une force venue d’ailleurs. Un astre céleste.

Le troupeau du berger Mazzu était pourtant considéré comme n’étant constitué que de vieilles brebis. De séniles reliques. De vieux espoirs. De seconds couteaux. D’inconnus. D’anonymes.

L’Union ne devait être que cet oiseau pour le chat. Ce pot de terre, fracassé par ce pot de fer. Mais le 25 juillet, c’est elle qui marche sur Bruxelles. Un jeune allemand de 25 ans a choisi ce match inaugural pour plaquer Anderlecht au sol. La Belgique vient de faire la connaissance d’un buteur : Deniz Undav. Il vient de frapper deux fois. Après 18 ans d’absence, l’Union remporte son premier match au plus haut niveau.

" Mais Anderlecht est en phase de reconstruction ", " Et l’Union surfe sur la dynamique de sa montée "… Personne n’a vu débarquer l’ovni. D’autant plus que la semaine suivante, les pendules sont remises à l’heure. L’ogre brugeois s’impose à la 84e.

Mais dans les travées, un hymne retentit :

" Bruxelles,
Ma ville,
Je t’aime,
Je porte ton emblème,
Tes couleurs dans mon cœur,
Et quand vient le week-end,
Au parc Duden,
Je chante pour mon club,
Allez l’Union,
Ohohohohohoooo… "

La Belgique vient de faire la connaissance d’un stade, celui du Parc Duden. Rapidement, le spectacle dans les tribunes passionne autant que celui sur le terrain.

Mais les week-ends passent et le classement interpelle. L’Union s’empare de la première place du classement laissant derrière lui les grosses cylindrées.

Comme les étapes de la révolution développées par Schopenhauer, " l’Union champion " paraît d’abord ridicule. Certes, les Bruxellois ont balayé Anderlecht, le Standard, Charleroi, Gand ou encore Ostende, mais la saison est encore longue.

L’Union est championne d’automne et la suprématie des unionistes commence à faire peur. Genk, Gand et le Standard sont largués. Bruges ne parvient pas à enchaîner. Anderlecht se bat pour accrocher le top 4. Pour les véritables candidats aux lauriers, l’Union en devient dangereuse.

Et rien ne déstabilise l’équipe mise sur pied par Felice Mazzu. S’il lui arrive de plier, il est rare de la voir rompre. Pire, plus le temps file et mieux ça va. Nul contre Bruges, et Gand, victoire face à Anderlecht, à nouveau, l’Antwerp, Charleroi, Genk, le Standard…

L’Union termine la phase classique à la première place avec 77 points et renvoie le FC Bruges à cinq longueurs.

Les Champion’s Play off peuvent débuter. La division des points par deux laisse un avantage de 2,5 unités aux Bruxellois. Tout se jouera en huit matchs. Mais le modèle de Schopenhauer est intraitable. Pour que la révolution soit, il ne faut pas seulement que l’idée de " l’Union champion " ait été ridicule puis dangereuse, faut-il encore qu’elle devienne évidente. Elle ne le sera jamais. En quatre jours, Goliath a terrassé David. En quatre jours, L’Union s’est inclinée deux fois face à son principal rival, Bruges.

À moins d’un souffle divin, l’Union ne remportera pas de douzième sacre. Mais cette saison, l’Union aura montré que ses brebis autrefois égarées ont mué pour prendre les formes et les couleurs de l’Agneau des frères Van Eyck. L’Agneau mystique, sacrifié sur l’autel d’un système de division des points par deux.

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