JO de Pékin: l’histoire insolite de Benjamin Alexander, l’ex-DJ jamaïcain devenu skieur

DJ de profession, Jamaïcain de nationalité, Benjamin Alexander n’avait apriori rien pour lui, question ski. Et pourtant : à 38 ans, il vient de participer aux Jeux Olympiques d’hiver.

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Benjamin Alexander après sa course au slalom géant à Pékin, le 13 février @ BELGAIMAGE

Aberrations écologiques, oppression des minorités par le régime chinois… les Jeux Olympiques 2022 ont été épinglés sur bien des plans, et à raison. En grattant et en faisant abstraction du contexte (c’est compliqué, on est d’accord), on a quand même pu dénicher quelques histoires qui prêtaient (un peu, on est de nouveau d’accord) à sourire durant cette quinzaine.

Comme celle de Benjamin Alexander, qui à 38 ans, est devenu le premier athlète à skier pour la Jamaïque aux Jeux Olympiques d’hiver. Face à des athlètes sur-préparés, nés dans des nations traditionnellement liées au ski alpin, Benjamin Alexander ne venait pas à Pékin pour performer. Dans la droite ligne de De Coubertin, l’important pour lui était de participer à ces JO. Ce qui, sur le papier, n’était pas gagné.

" Content d’avoir franchi la ligne "

Né et élevé en Angleterre par un père originaire de Jamaïque, le garçon a passé la majeure partie de sa première vie sur la route, allant, en tant que DJ international, de sets en sets ; il fût même résident du festival Burning Man. C’est en 2016 qu’il chausse des ski pour la première fois. En 2018, il assiste aux Jeux Olympiques d’hiver en Corée et a un déclic : la nation de son père n’a que trois athlètes présents en compétition, et aucun skieur. Décidé à combler ce vide, il prend sa retraite de la vie nocturne et déménage à Revelstoke, en Colombie-Britannique (Canada).

Basé depuis dans le Wyoming, notre ex-DJ s’est entraîné tous les jours, jusqu’à décrocher une place aux JO, pour la compétition de slalom géant. Dimanche 13 février, il a réalisé son rêve et s’est élancé sur les pistes de Pékin. Il a fait sa course, à son rythme, pour terminer… à la 46e place. " Bien sûr, je ne suis pas dans le rythme. Je n’avais aucun désir d’essayer de venir ici et d’être compétitif. Je suis juste content d’avoir franchi la ligne ".

Une performance que certains cadors de la disciplines, comme Lucas Braathen, Luca de Aliprandini ou Manuel Feller, qui sont tombés lors de l’épreuve, n’ont pas réussi.  " J’ai déjà fait mieux que certains des meilleurs du monde " s’est-il amusé.

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