"Un athlète noir ne supporte pas d’être dépassé par un blanc": Jacques Borlée suscite un tollé

Sa déclaration à LN24 lui vaut aujourd’hui d’être accusé de racisme. La chaîne de télévision est, elle aussi, critiquée.

Jacques Borlée aux JO de Tokyo
Jacques Borlée aux JO de Tokyo le 30 juillet 2021 @BelgaImage

Ce mardi soir, l’entraîneur Jacques Borlée a créé une polémique lors de sa venue à l’émission «Visiteurs du soir» sur LN24. Le père des athlètes Olivia, Dylan, Jonathan et Kévin Borlée a été interrogé à cette occasion sur le «syndrome Jesse Owens», un sujet développé dans le livre «Jacques Borlée, l’irréductible» (écrit par Alain Van den Abeele, paru aux éditions Luc Pire). Une théorie très controversée puisqu’elle est qualifiée de raciste.

Des propos assumés

Répétant ce qui est dit dans l’ouvrage, Jacques Borlée explique que «ce syndrome, c’est le fait que le blanc est terriblement complexé par rapport au noir» et qu’«un athlète noir ne supporte pas d’être dépassé par un athlète blanc dans les épreuves de sprint ou les relais». «En finale du 100m, vous trouvez huit noirs. Sur 400m, quand il y avait mes fils, il y avait deux ou trois blancs. Et la plupart du temps, c’est tout le temps les noirs qui sont dominants en sprint. Et donc nous avons le syndrome Jesse Owens. Ils ont quelque chose de dominant par rapport à nous. Et c’est indéniable. Par contre, quand un blanc parvient à montrer qu’il est meilleur qu’eux, ils perdent pied».

Convaincu du bien-fondé de sa théorie, l’entraîneur explique ensuite qu’elle peut être appliquée à une série de cas, comme les World Relays 2015. «Julien Watrin parvient à les dépasser et vous voyez que derrière ce dépassement, il y a un capharnaüm où les quatre ne savent plus comment passer le témoin», dit-il. Les journalistes de LN24 lui font remarquer que n’importe quel athlète, blanc ou noir, serait énervé en se faisant dépasser. «Oui, tout à fait, mais en général, le noir n’a pas l’habitude d’être dépassé par le blanc», réplique Jacques Borlée.

«Catastrophique analyse»

Cette prise de parole lui vaut aujourd’hui de nombreuses critiques, notamment sur les réseaux sociaux. L’athlète et chroniqueuse française Maryse Ewanjé-Epée s’est par exemple indignée de tels propos. «Catastrophique analyse et vision qui décrédibilise le talent et le travail de ses fils et qui crétinise tout athlète noir», écrit-elle.

La chaîne LN24 est elle aussi critiquée pour avoir lancé le sujet en plein direct et pour avoir en plus retransmis l’extrait polémique sur Twitter. «Sacrément culotté de titrer que les mouvements décoloniaux représenteraient une dérive, quand dans le même temps, vous invitez quelqu’un qui tient des propos racistes et qu’en plus, vous le faites réagir dessus. Tweet signalé. Vous devriez avoir honte», s’indigne Malik Miktar, journaliste à TV5 Monde.

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