A un an de la Coupe du monde, le Qatar veut redorer son image

Dans un an jour pour jour s’ouvrira la Coupe du monde de football au Qatar. Sous le feu des critiques à cause des violations faites aux droits humains, le pays est sur la défensive.

Coupe du Monde de football 2022 au Qatar
© Belga Image

Un organisateur peu engageant

La Coupe du monde est l’une compétition sportive les plus médiatisées. Le tout dans une ferveur populaire où l’esprit est à la fête. Est-ce vraiment compatible avec le Qatar, émirat conservateur? En tout cas, et ce malgré les critiques pour ses violations des droits humains, il est devenu, en 2010, l’heureux organisateur de ce rendez-vous. Une victoire in extremis face aux États-Unis qui avait suscité des accusations (démenties) d’achat de votes et de nombreuses interrogations sur ses capacités à accueillir un tel événement.

Le Qatar est avant tout connu pour sa richesse gazière, sa chaîne d’information Al-Jazeera mais aussi son achat du Paris Saint-Germain. Une petite folie qui a placé ce minuscule État (moins de 12.000 kilomètres carrés) sur les devants de la scène sportive. Il est également devenu un sponsor du FC Barcelone.

Des travaux qui prennent des vies

Doha accueillera la quasi-totalité des matchs. Mais à douze mois du coup d’envoi, la capitale est toujours parsemée de chantiers. A leur bord, des centaines de milliers d’ouvriers étrangers, provenant majoritairement d’Asie et dont les conditions de travail sont déplorables. Ils doivent, en plus de six nouveaux stades et la rénovation de deux autres, construire des routes et des habitations.

Selon les autorités qataries, trois personnes sont mortes depuis 2014 sur les sites liés à la Coupe du monde et 39 autres ont perdu la vie lors d’incidents qui ne seraient pas liés au travail. Des données largement sous-estimées. Le bilan avancé par l’Organisation internationale du travail est bien plus préoccupant. Elle estime que 50 travailleurs immigrés sont morts au Qatar en 2020 et plus d’un demi-millier grièvement blessé. De son côté, le quotidien britannique The Guardian chiffre à plus de 6.500 le nombre de travailleurs immigrés morts au Qatar depuis 2010.

Des réformes pour se défendre

Depuis l’attribution du Mondial, l’émirat du Golfe a annoncé une série de réformes afin d’améliorer les conditions de travail et ainsi redorer son image. On y retrouve l’instauration d’un salaire minimum et la possibilité de changer plus facilement d’employeur. Mais les ONG jugent ces réformes insuffisantes et pas systématiquement appliquées. « Le nombre d’avancées réalisées lors des sept, huit, neuf dernières années est assez extraordinaire. Mais malheureusement, les gens n’aiment pas parler de cela », se défend Nasser Al-Khater, patron de l’organisation du Mondial-2022.

Dans un pays où l’homosexualité est punie, le qatari joue la carte de l’ouverture en déroulant le tapis rouge à la communauté LGBTQ: elle sera la bienvenue. Un chic type. Cerise sur le gâteau, les couples homosexuels auront le droit de partager la même chambre d’hôtel. « Il n’y a vraiment aucune raison de s’inquiéter d’une quelconque persécution », veut rassurer Nasser Al-Khater.

Quelques avancées qui ne suffiront pas à masquer les conditions de vie et de travail des ouvriers de la Coupe du monde. Les mois prochains seront un terrain propice à une communication destinée à vendre la carte postale que constitue cet événement populaire.

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