Huit adultes sur dix ont été victimes de violences dans le sport étant enfants

Huit adultes sur dix en Wallonie et à Bruxelles ont subi un ou plusieurs types de violence interpersonnelle au cours de leur pratique sportive étant enfants, ressort-il d'une étude sur la maltraitance des enfants dans le sport commandée par la ministre francophone des Sports, Valérie Glatigny, et présentée vendredi.

Violence dans le sport
Belga

Pour cette étude européenne « Cases » (pour « Child abuse in sport european statistics »), qui se penche sur la prévalence de la violence interpersonnelle envers les enfants dans le sport, un questionnaire a été soumis à 1.472 jeunes adultes (18-30 ans) vivant actuellement à Bruxelles ou en Wallonie et ayant participé à un sport organisé avant l’âge de 18 ans.

Seuls 20% des sondés n’ont jamais été confrontés à un type de violence interpersonnelle dans le contexte sportif. La forme la plus fréquente subie est psychologique (67,6% des victimes), suivie de la violence physique (51,8%). Viennent ensuite la violence sexuelle sans contact, comme les regards insistants et les intimidations sexuelles (40,7%), et la négligence (absence de soin après une blessure ou le fait de rater trop souvent l’école, 40,2%). La violence sexuelle avec contact (viol, agressions sexuelles…) est plus rare (25,4%). Un jeune athlète sur cinq – surtout des garçons – a en outre subi ces cinq types de violence.

Violences physiques et psychologiques

En dehors du sport, les violences sexuelles sont plus répandues (59,6% sans contact et 47,7% avec contact), tandis que les violences physiques le sont un peu moins (47%). Tine Vertommen, criminologue de l’Université d’Anvers – qui a mené l’étude pour la Belgique -, explique ce dernier point par le recours à l’exercice physique comme punition (par exemple, imposer des pompes ou des tours de terrain supplémentaires).

Les garçons subissent plus de négligence, de violence physique et de violence sexuelle avec contact dans le sport que les filles, met en avant l’étude. Il n’y a par contre pas de différence significative entre filles et garçons concernant les violences psychologiques et sexuelles sans contact. Les violences psychologiques les plus rapportées, par les filles comme les garçons, sont les humiliations et les critiques négatives sur leur apparence physique.

Certains enfants sont particulièrement vulnérables. Les jeunes athlètes qui font de la compétition sont plus souvent victimes de violences qu’au niveau récréatif. De manière générale, les enfants non hétérosexuels, issus d’une minorité ethnique ou porteurs d’un handicap connaissent également plus d’expériences violentes.

Entraîneurs et coéquipiers

Les violences physiques et psychologiques commencent généralement plus tôt (entre 7 et 13 ans) que les autres types de violences. Les expériences de violence sexuelle avec contact sont les plus tardives (16-17 ans).

Les violences dans le sport sont le plus souvent perpétrées par une seule personne et la plupart des auteurs sont des hommes, pointe l’étude. La négligence et la violence physique est plus souvent le fait d’un entraîneur, tandis que les violences psychologiques et sexuelles sont en général perpétrées par des coéquipiers. Le personnel (para)médical, les managers ou d’autres membres du personnel sportif sont beaucoup moins cités comme auteurs.

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