Les Diables rouges critiques et critiqués

L'équipe de Belgique fait de moins en moins rêver les commentateurs sportifs. Que ce soit vis-à-vis des joueurs ou de l'entraîneur, des aspirations au changement se font de plus en plus sentir.

Les Diables rouges critiques et critiqués
Les Diables rouges après leur défaite face à la France à Turin le 7 octobre 2021 @BelgaImage

Après une Ligue des Nations ratée, la tension est palpable chez les Diables Rouges, qui se remettent difficilement de leur quatrième place. Thibaut Courtois se met à pester contre l’UEFA, accusée de se faire de l’argent au détriment du bien-être des joueurs, Kevin De Bruyne se veut réaliste en rappelant «que nous ne sommes que la Belgique», etc. Et pendant ce temps-là, l’entraîneur Roberto Martínez est critiqué de toutes parts, au point où certains évoquent l’idée de le remplacer. Pire: nombreux sont les commentateurs sportifs à ne plus croire aux chances de la Belgique de remporter une grande compétition, à moins d’un changement radical de stratégie. Alors que tout semblait sourire à la «génération dorée belge», l’avenir semble finalement bien plus sombre pour les Diables rouges.

Une équipe énervée

Côté joueurs, c’est surtout Thibaut Courtois qui a fait valoir sa frustration en la reportant sur l’UEFA. «Nous devons être honnêtes. Nous avons juste joué car cela rapporte de l’argent supplémentaire à l’UEFA, cela leur offre un match de plus à la télé», a-t-il estimé au micro de Sky Sports en évoquant le match pour la troisième place contre l’Italie, avant de critiquer des saisons trop chargées. «Nous devrons à nouveau jouer la Ligue des nations en juin avant la Coupe du monde en novembre. On va se blesser mais personne ne se soucie de nous. Nous n’aurons que trois semaines de vacances, ce qui n’est pas suffisant pour les footballeurs de haut niveau. Si nous restons silencieux, rien ne changera. C’est toujours comme ça».

Cette tension au sein des Diables s’est fait aussi sentir dès que Roberto Martínez s’est présenté face à la presse pour faire le débriefing de la Ligue des Nations. Il reconnaît que tout n’est pas parfait, que l’équipe de Belgique doit corriger certains défauts, mais ce qui marque, ce sont ses reproches vis-à-vis des arbitres, dont il juge la performance médiocre. «Je suis toujours très respectueux envers l’arbitre, mais dans un tournoi comme celui-ci, il faut beaucoup d’expérience et il faut des arbitres qui ont déjà une expérience sur ces scènes», dit-il. «Pourquoi le VAR n’est-il pas intervenu aujourd’hui (contre l’Italie – NDLR) alors que l’arbitre avait besoin d’un coup de main et que le jaune a été donné à Vertonghen, uniquement à lui? La frustration a augmenté au fur et à mesure».

Un nouvel entraîneur pour une nouvelle dynamique?

Pour autant, Roberto Martínez n’échappe pas non plus aux critiques. Pour Philippe Vande Walle, ancien gardien belge, il faudrait carrément changer d’entraîneur. «Je ne le dis pas agressivement. Un couteau qui ne coupe plus, il faut l’aiguiser ou le changer», dit-il à RTL. «Il faut créer une nouvelle dynamique et je pense à Michel Preud’homme pour lui succéder. Il connaît bien les joueurs, il a prouvé à de maintes reprises qu’il était un bon entraîneur. Je pense que c’est un coach qui peut gueuler quand il le faut. Notre ami Roberto, c’est lisse, c’est toujours content. On perd, on est content. On est toujours content. Je voudrais voir un peu plus d’agressivité».

Ils ne sont toutefois qu’une minorité de commentateurs à évoquer cette issue pour l’instant. Marc Degryse, consultant pour Het Laatste Nieuws, estime pour sa part que «Martinez doit continuer jusqu’au Mondial 2022, qui arrive rapidement». «La continuité est importante. Par ailleurs, qui devrait reprendre le flambeau? Je ne sais même pas apporter une réponse sensée», déclare-t-il.

Rajeunir pour gagner

Idem pour trois commentateurs interrogés par la RTBF, Eby Brouzakis, Manuel Jous et Lancelot Meulewaeter, qui ne manquent toutefois pas de critiquer l’entraîneur. «Il n’est pas l’unique cause du souci mais il en fait partie. Son équipe n’est pas plus forte qu’en 2018, comme il le prétend. Il doit se remettre en question», fait savoir le premier. «Le problème est qu’il n’y a plus personne à la fédération pour le remettre en cause», ajoute le deuxième.

Meulewaeter estime quant à lui qu’«il faut s’y résoudre: les Diables ne seront plus les favoris de la Coupe du monde». Les deux autres sont d’accord, Brouzakis déclarant que «leur heure, hélas, est passée» et imaginant au mieux une demi-finale au Qatar. «La seule surprise que nous pourrions créer au Qatar viendra d’un remaniement et d’un rajeunissement de l’équipe», conclut Jous.

Sur ce point, le milieu de terrain Kevin De Bruyne semble d’accord. C’est d’ailleurs en ce sens qu’il affirme à VTM qu’«on est un petit pays et on a vraiment besoin de ces jeunes joueurs». «Chaque pays connaît des changements de cycle et dans quelques temps, ce seront ces jeunes joueurs qui guideront l’équipe. On a quelques joueurs qui vieillissent et je m’inclus dans le lot. On a besoin que ces joueurs fassent leur trou», ajoute-t-il. Son espoir: que le trio Vanaken-Batshuayi-Saelemaekers s’impose et se bonifie à la place de Hazard-Lukaku-De Bruyne. Mais comme l’a rappelé Thibaut Courtois, le calendrier est serré. La Coupe du monde au Qatar aura lieu en novembre 2022, soit dans à peu près un an.

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