Des comptes à rendre après le flop du GP de Spa-Francorchamps

Déception des pilotes, remboursement des spectateurs, modification des règles… Le Grand Prix de Spa-Francorchamps n'a pas fini de faire parler de lui.

Sous la pluie incessante, les pilotes ne voyaient pas à plus de 5 mètres devant eux. - Reuters

C’est le Grand Prix le plus court de l’histoire de la Formule 1. À Spa Francorchamps, Max Verstappen a été déclaré vainqueur d’une course de moins de dix minutes. Après un départ  retardé de plus de trois heures, le Néerlandais et ses concurrents ont couvert seulement deux tours sous une pluie battante, derrière la voiture de sécurité. Le strict minimum pour déterminer un classement. Le drapeau rouge a ensuite mis un terme à ce spectacle ridicule, les conditions météorologiques étant jugées trop dangereuses.

Ce fiasco a déclenché un torrent de critiques de la part des pilotes eux-mêmes. À commencer par Lewis Hamilton. Le champion du monde n’a pas digéré ce « scénario basé sur l’argent ». « Au moment où ils ont envoyé les voitures en piste au bout de plus de trois heures, rien n’avait changé au niveau des conditions. Le but était de nous faire boucler les ‘deux tours légaux’ », a déclaré celui qui a fini troisième de cette course surréaliste. « Je pense que le sport a fait un mauvais choix aujourd’hui. » Il compte désormais trois points d’avance au championnat du monde sur le pilote de Red Bull. Georges Russel a fini, lui, deuxième. Le premier podium de sa carrière.

La presse internationale n’a pas été tendre non plus avec ce Grand Prix imaginaire. « La dernière farce de la Formule 1 », dénonce la Repubblica, tandis que l’Equipe ose le jeu de mots « Formule Zér… eau ». « À Spa, l’argent et la tempête gagnent », résume le Corriere della Sera.  

Un geste pour les spectateurs

Les premiers déçus par ce non-événement sont bien évidemment les spectateurs. 75.000 personnes ont attendu durant toute la journée sous la pluie, pour finalement repartir avec un goût de trop peu. La directrice de Spa Grand Prix Vanessa Maes a promis de tout faire pour leur proposer une compensation. « On veut que notre public ait envie de revenir chez nous donc, bien sûr, il y aura quelque chose », a-t-elle déclaré. Quelque chose, mais quoi ? Un remboursement des billets semble impossible. Reste donc l’option du report ou d’un avantage particulier pour assister à l’édition 2022. « Je ne sais pas vous dire aujourd’hui ce qui va être fait et comment ça va être fait. »

Des leçons à tirer

Au lendemain de ce Francorchamps, un autre malaise persiste, celui de l’attribution des points bien réels pour une course, elle, inexistante. Selon le règlement, parcourir deux tours derrière la voiture de sécurité était suffisant pour officialiser le résultat, avec la moitié des points attribués dans ce cas de figure. Fernando Alonso a d’ailleurs jugé « choquant » que des points soient distribués dans un tel contexte. « J’étais 11e et je n’ai même pas pu me battre pour espérer récolter une récompense. Ils ont donné les points gratuitement », a dénoncé l’Espagnol. D’autant que ce classement biaisé aura peut-être de lourdes conséquences sur l’issue du duel pour le titre entre Max Verstappen et Lewis Hamilton.

Humiliée, la Formule 1 envisage désormais de modifier les règles qui ont permis au Néerlandais de remporter la victoire au Grand Prix de Belgique de dimanche malgré l’absence d’une véritable course. « Le règlement stipule qu’après quelques tours, cela peut être appelé une course. Je pense que cela doit être revu », a ainsi déclaré le directeur général de McLaren, Zak Brown, sur Twitter. « Je ne pense pas qu’il y ait quelqu’un qui soutiendrait que le temps était sûr pour courir, mais nous avons besoin d’une meilleure solution en tant que sport lorsque ce type de situation se produit. »

La décision de ne pas courir dans ces conditions était la bonne. Il aurait simplement fallu qu’elle arrive plus tôt, en évitant ces deux misérables tours qui auront sauvé les intérêts financiers du GP, mais pas ceux du sport.

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