C'est la science qui le dit : les femmes sont plus frileuses que les hommes, voici pourquoi

Une étude prouve que la température de confort des femmes est supérieure à celle des hommes.

C'est la science qui le dit : les femmes sont plus frileuses que les hommes, voici pourquoi
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Pourquoi les femmes sont-elles généralement plus frileuses que les hommes ? Une étude de l’Université de Lille confirme qu’il ne s’agit pas d’un mythe. La sensibilité au froid diffère bien en fonction du genre… et celle-ci est plus aigüe chez les individus du sexe féminin.

Différents facteurs influencent la thermosensibilité, soit notre sensibilité à la chaleur, ou au froid. Il y a d’abord l’âge, l’indice de masse corporelle, l’expérience précédente de températures, l’état psychologique, le statut hormonal… et le sexe.  « Les scientifiques ont pu constater une différence : la température de confort pour les femmes est un peu plus haute que celle pour les hommes », explique Dimitra Gkika, maîtresse de conférences en physiologie à l’Université de Lille, à La Libre. Une différence qui est en moyenne de 2°C.

Testostérone

La première explication est physiologique : « Au niveau de nos neurones sensoriels sur la peau, on a des thermosenseurs, qui vont sentir cette différence de température », renseigne la physiologiste. Le TPRM8, un thermorécepteur qui se trouve au niveau des neurones et qui nous informe sur la baisse de la température, peut être inhibé par la testostérone, une hormone « male » fabriquée en grande quantité chez l’homme, ce qui lui permet d’être moins sensible au froid.

« Les hommes en vieillissant vont avoir moins de testostérone circulante, ce qui va jouer sur la sensibilité au froid. Plus ils vieillissent, moins ils auront de testostérone, moins leur thermorécepteur au froid va être inhibé et ils seront donc plus frileux », ajoute la scientifique.

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Les œstrogènes et la progestérone, deux hormones dites « féminines », ont également une incidence sur la capacité des femmes à réguler la chaleur. Par exemple, les œstrogènes favorisent la vasodilatation aux extrémités du corps, et donc la dissipation de la chaleur. La progestérone, quant à elle, peut épaissir le sang, ce qui l’empêche de circuler facilement jusqu’aux extrémités.

Taux de masse grasse

Comme le précise la professeure en physiologie de l’UCLouvain, Louise Deldicque, les femmes bénéficient toutefois d’un avantage par rapport aux hommes. Leur taux de masse grasse est supérieur à celui des individus de sexe masculin, et sont donc mieux protégées du froid.

La thermorégulation serait donc plus efficiente chez la femme que chez l’homme. Mais, à l’inverse, sa capacité à supporter le froid serait moins performante : « Il faut faire la distinction avec le ressenti qui est aussi très important car c’est ce qui va conditionner psychologiquement le fait qu’on va bien supporter le froid ou pas », ajoute la professeure interrogée par La Libre.

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Muscles et métabolisme 

De plus, les femmes sont généralement plus sensibles au froid au niveau des pieds, des mains, des oreilles et du visage pour des raisons hormonales : « Les femmes ont certes plus de graisse entre la peau et les muscles, mais cela fait en sorte que la peau est plus froide, car elle est légèrement plus éloignée des vaisseaux sanguins. À peu près au même poids corporel, les femmes ont tendance à avoir moins de muscles pour générer de la chaleur. Les femmes ont également tendance à avoir un taux métabolique inférieur à celui des hommes, ce qui réduit la capacité de production de chaleur lors d’une exposition au froid, ce qui les rend plus sujettes à avoir froid lorsque la température baisse », concluent deux physiologistes australiens dans une interview accordée à The Conversation.

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