Covid: la Belgique n'impose pas de test aux voyageurs chinois, «la panique n'est pas nécessaire» selon Marc Van Ranst

La Belgique n'a pas imposé de tests aux Chinois, contrairement à d'autres pays comme la France. Une décision justifiée selon le virologue Marc Van Ranst.

Test PCR à Pékin
Un test PCR réalisé à Pékin le 9 décembre 2022 ©BelgaImage

La Belgique renforce son état d'alerte face à la recrudescence des cas de coronavirus en Chine mais ne rend pas les tests Covid obligatoires pour les voyageurs provenant de ce pays, a annoncé lundi le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke. Celui-ci plaide toutefois pour une politique européenne commune rendant les tests obligatoires pour fouler le sol de l'Union européenne. En réponse à ces décisions fédérales, le virologue Marc Van Ranst (KU Leuven) a estimé qu'il était important que la situation sanitaire en Chine soit étroitement surveillée, mais il n'y a pas lieu de paniquer.

«Cette situation ne représente toutefois pas un grand danger pour nous»

Concrètement, deux mesures spécifiques vont être mises en place à l'échelle belge. D'une part, les eaux usées des avions atterrissant à Brussels Airport en provenance de Chine (deux par semaine, selon le ministre) devront être collectées et analysées. Cette analyse devra impérativement inclure un séquençage des génomes permettant de détecter d'éventuels nouveaux variants. D'autre part, les voyageurs rentrant de Chine et ressentant des symptômes liés au coronavirus, devront se soumettre à un test PCR ou antigène. Ce test devra être envoyé à un laboratoire disposant d'une technologie de séquençage génomique.

Frank Vandenbroucke considère qu'une obligation de test Covid pour les voyageurs se rendant en Belgique n'aurait pas beaucoup de sens, vu la taille du pays et le peu de vols directs en provenance de Chine. «Nous croyons qu'il est utile de demander un test au départ de Chine vers l'Europe, uniquement si toute l'Europe se coordonne», estime le ministre de la Santé. «Pour être efficace, il faut alors réintroduire le Passenger Locator Form (PLF) pour permettre un suivi des personnes venant de Chine». «Ce qui se passe en Chine est vraiment dramatique», a concédé le ministre qui a tenu à témoigner sa «solidarité avec le peuple chinois». «Cette situation ne représente toutefois pas un grand danger pour nous, grâce à la vaccination massive des Belges».

«Ce n'est pas la même chose qu'en 2020»

Sur la capacité à détecter la présence de nouveaux variants avec l'analyse des eaux usées à Zaventem, Marc Van Ranst estime que «ce n'est pas facile, mais c'est certainement possible». Quant aux tests imposés aux Chinois présentant des symptômes, le virologue juge que «de cette façon, nous pouvons trouver rapidement des mutations s'il y en a».

«Nous ne savons pas à quel point les mutations sont graves. C'est pourquoi il est important de continuer à prélever des échantillons sur les passagers afin que nous puissions continuer à les surveiller», déclare-t-il. «Ce n'est pas la même chose qu'en 2020. Les variants qui circulent actuellement en Chine proviennent de chez nous. Or notre population est assez résistante aux différentes versions d'Omicron en raison du taux de vaccination élevé et de l'immunité accrue. L'attention supplémentaire portée à la situation chinoise est bonne, mais il n'y a absolument aucune raison de paniquer ou de s'inquiéter».

À lire: Coronavirus, le retour: faut-il s’inquiéter de la flambée des cas en Chine ?

Bientôt des mesures communes pour l'UE?

En parallèle, certains pays européens, dont l'Espagne et la France, ont déjà décidé de n'autoriser les touristes chinois que s'ils peuvent présenter un test négatif. À l'échelle mondiale, des pays comme les États-Unis, le Japon, la Corée du Sud et le Canada exigent aussi un test négatif. Les États membres de l'Union européenne discuteront mercredi d'une réponse commune à adopter à l'égard des voyageurs venant de Chine, a annoncé samedi la Suède, qui assure à partir du 1er janvier la présidence semestrielle de l'UE.

À lire: Covid-19 : La France impose un test négatif pour les voyageurs au départ de Chine

La Chine, qui a récemment mis un terme à sa politique «zéro Covid», fait face à une explosion des contaminations. Le Centre européen pour la prévention et le contrôle des maladies (ECDC) a, de son côté, jugé «injustifiée» une telle mesure, mettant en avant le taux de vaccination élevé en Europe. Frank Vandenbroucke a également appelé les citoyens à continuer leurs efforts dans la lutte contre la propagation du Covid-19. Il a insisté sur l'importance d'une dose de «booster» du vaccin contre le Covid et sur le respect des gestes barrières (masque en cas de symptômes, ventilation,...).

Sur le même sujet
Plus d'actualité