Coronavirus, le retour: faut-il s'inquiéter de la flambée des cas en Chine ?

Le retour de la vengeance du Covid? Trois ans après, la Chine met fin à sa politique de "zéro Covid". Résultat: flambée de cas, alors que le pays se rouvre au monde.

Coronavirus, le retour: faut-il s'inquiéter de la flambée des cas en Chine ?
A l’aéroport de Pékin – Reuters

Comme un air de déjà-vu. A l'approche de la nouvelle année, un virus secoue la Chine. Ses voisins directs prennent des mesures pour limiter l'entrée de ressortissants chinois sur leur territoire, de crainte d'une expansion de la contagion. L'Europe, elle, regarde cela de loin. Alors que le régime chinois met fin à la politique « zéro Covid », est-on parti pour un remake de 2020 ? On en est heureusement pas là, mais...

Que se passe-t-il en Chine ?

Depuis le 7 décembre, le régime chinois a mis fin à la politique du « zéro Covid ». Concrètement, les Chinois peuvent de nouveau circuler dans le pays sans test PCR préalable. Mais contrairement à ce qui s'est passé en Europe et ailleurs, ces allégements se sont faits du jour au lendemain, sous la pression du secteur financier, de la population et du virus qui, malgré les restrictions, continuait de circuler.

Résultat, les cas explosent aux quatre coins du pays. Si les autorités refusent de donner des chiffres, un document interne du Comité national de Santé qui n'a ni été confirmé, ni été infirmé, parle de 250 millions de Chinois contaminés et 37 millions de plus chaque jour. C'est le sous-variant d'Omicron appelé BF.7, de la famille du BA.5, qui sévit en Chine. Selon des témoignages, les hôpitaux commencent à saturer, tout comme les pompes funèbres et les pharmacies sont en rupture de stock de toutes sortes de médicaments.

Lire aussi: Comment se prémunir avec le variant BA.5?

La Chine rouvre ses portes après trois ans d'isolement

Le 8 janvier, nouvelle étape dans l'allègement des mesures sanitaires, les Chinois pourront de nouveau voyager hors de Chine et les voyageurs entrant ne seront plus soumis ni à des tests à l'arrivée, ni à des quarantaines. Cette ouverture du pays a son importance, car dans les faits, fondamentalement, la Chine est isolée du reste du monde depuis mars 2020. Marc Van Ranst a déjà qualifié cette décision de « timing malheureux et imprudent ».

Plusieurs pays ont déjà réagi à cette annonce : Japon, Inde et Etats-Unis, mais aussi Italie vont restaurer des mesures sanitaires pour les voyageurs en provenance de Chine. Une réunion des ministres européens a lieu ce jeudi à Bruxelles pour tenter, cette fois-ci, de tirer groupé face à la menace d'une possible recrudescence de l'épidémie.

Lire aussi: Pourquoi la sortie du "zéro Covid" pourrait être fatale pour 2,1 millions de Chinois

Faut-il s'inquiéter de la situation en Chine ?

Telle est la question. Yves Coppieters, virologue à l'ULB, résume le point de vue des experts, en disant que « dans le contexte actuel, la situation en Chine n'aura que de faibles répercussions chez nous. Mais elle doit nous amener à beaucoup plus de vigilance! ».

En somme, il se veut rassurant pour au moins deux raisons. La première est que l'Europe est plus immunisée que la Chine, face au Covid. La population chinoise est peu vaccinée, le vaccin chinois est peu efficace, et la politique « Zéro Covid » a tellement limité la circulation du virus que les Chinois sont peu immunisés. L'allégement des mesures fait que le variant BF.7 se propage à vitesse VV' parmi une population de 1,5 milliard d'habitants.

Deuxièmement, « les sous-variants d'Omicron, on les connaît, dit Yves Coppieters. Ils ont participé à nous amener une immunité de population, qui nous protège d'un rebond épidémique fort. Ce BF.7 peut se répandre en Belgique, ça ne changera pas grand-chose au profil épidémiologique de la situation actuelle, on ne retombera pas dans un scénario catastrophique comme en 2020-2021 ».

Lire aussi: La pandémie est-elle finie, comme l'affirme le M. Covid allemand?

La crainte de voir émerger un nouveau variant

Mais... La crainte, c'est qu'un nouveau variant apparaisse, qui soit bien plus méchant qu'Omicron et ses sbires. « Il faut rester attentifs à l'impact d'une telle circulation du virus dans un pays de plus d'un milliard d'habitants sur son évolution génétique, souligne Emmanuel André. Par le passé, les nouveaux variants ont presque toujours émergé dans des contextes de haute circulation et de faible immunité ».

Etre vigilant, donc. Mais comment ? « En augmentant la surveillance épidémiologique aux frontières, avec des tests sur les personnes provenant de Chine », dit Yves Coppieters. Soit dépister, échantillonner, analyser. « Cela permettra d'identifier rapidement d'éventuels nouveaux variants, alors que la Chine risque de ne pas communiquer à ce sujet... »

Lire aussi: La flambée des cas en Chine augmente le risque de nouveaux variants

Côté fédéral, en tout cas, on reste zen. Le cabinet de Frank Vandenbroucke dit suivre « de près la situation » et se concentrer « sur les conseils que le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) donne aux États membres européens ». Pas de nouvelle, bonne nouvelle. L'équipe du ministre fédéral de la Santé ajoute : « Étant donné que nous avons un bon niveau de protection grâce à la vaccination et qu'il n'y a actuellement aucune indication d'une nouvelle variante, nous considérons actuellement que la situation en Chine ne menace pas notre pays ».

Sur le même sujet
Plus d'actualité