L'épidémie de grippe est-elle plus forte en 2022?

Si les syndromes grippaux sont en hausse, il faut faire attention à bien interpréter les données pour ne pas se tromper de conclusion.

Homme malade
Illustration d’un homme malade se reposant dans son lit et se mouchant ©BelgaImage

Si vous aviez l'impression qu'il y a beaucoup de malades, sachez que vous n'êtes pas le seul! Plusieurs médias ont émis la même réflexion et avec une question qui en découle: cette idée est-elle conforme à la réalité et quelles maladies seraient en cause? Le Covid? Pas tellement vu que les chiffres ne sont qu'en légère hausse (+4% de cas et +30% d'hospitalisés) et surtout bien loin de ceux des vagues précédentes (1.435 cas sur une semaine, comparé à 8.280 il y a pile un an et près de 50.000 fin janvier dernier). Les regards se tournent donc vers la grippe. Ici, le bilan est plus mitigé mais attention aux conclusions hâtives!

Forte augmentation des «syndromes grippaux»

Si on se réfère aux données de Sciensano, oui, on peut redouter une reprise de l'épidémie de grippe, ou plus précisément des syndromes grippaux. La semaine passée, les consultations pour ce type de motif ont plus que doublé, avec 528 cas pour 100.000 habitants (contre 211 la semaine précédente). À titre de comparaison, depuis 2018, le pic le plus élevé a atteint un ratio de 788 consultations (début 2022).

En d'autres termes, le niveau actuel est assez élevé, mais pas inhabituel en l'état s'il s'arrête là. Chaque année, il y a un pic soit similaire, soit plus élevé. La vraie question, c'est de savoir si la courbe actuelle va continuer à augmenter. Les pics de syndromes grippaux sont souvent abrupts. Ils surviennent et disparaissent rapidement. On pourrait donc voir tout aussi bien voir cette courbe continuer sa montée ou s'inverser dans les semaines à venir, surtout avec le retour de températures plus clémentes.

Incidence des consultations pour syndromes grippaux en Belgique par saison (par semaine pour 100.000 habitants) ©Sciensano

«Syndromes grippaux» et grippe: pas forcément la même chose!

Mais que l'on ne s'y trompe pas: il ne s'agit pas ici des chiffres de la grippe en tant que telle. Consulter son médecin pour un syndrome grippal ne veut pas forcément dire que l'on a cette maladie. Or, comme l'a précisé l'épidémiologiste Yves Coppieters fin de semaine dernière, le pic de la grippe en maisons de repos n'est pas atteint, loin de là, avec des statistiques encore stables. Il n'y aurait pas non plus davantage de malades à cause du virus respiratoire syncytial (VRS), puisque les données de Sciensano montrent que le pic est en l'occurrence déjà passé.

À lire: Bronchiolite, grippe… Notre système immunitaire est-il plus fragile après 2 ans de Covid-19 ?

Ce qu'il faut vraiment retenir de cette augmentation des syndromes grippaux, c'est qu'il y a une augmentation globale des infections dues à une multitude de virus pas toujours identifiés avec précision. Par précaution, le pneumologue Bart Lambrecht conseille à Het Laatste Nieuws de porter un masque, particulièrement pour les personnes avec des symptômes comme une rhinite. Il précise d'ailleurs que si certaines pathologies se sont moins produites ces deux dernières années, c'est au moins en partie grâce à cette protection. Donc autant continuer sur cette lancée en cas de rebond épidémique, professe-t-il.

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