Bien-être des Belges : les moins de 40 ans vont mal

Les jeunes vont mal malgré une légère amélioration du bien-être des Belges.

Bien-être : pourquoi les jeunes vont mal
Selon une enquête de Solidaris, les jeunes vont mal © Belga Image

Le niveau de bien-être des Belges francophones et leurs conditions de vie se sont légèrement améliorés par rapport à l'année précédente et ce, après plusieurs années de baisse, a indiqué Solidaris pour la sortie, mercredi, de son baromètre Confiance et Bien-être 2022. Malgré cela, les inégalités s'aggravent et les moins de 40 ans vont mal, révèle également cette étude.

La mutualité socialiste a sondé, durant le mois de septembre, un échantillon représentatif des Belges francophones composé de 994 personnes à propos de leurs conditions de vie, la qualité de leurs relations, leur rapport à la société, leur image de soi, ainsi que leur santé mentale et physique. Un indice allant de 0 à 100 a ainsi pu être établi avec une marge d'erreur d'environ 3%.

Selon Solidaris, l'indice global de bien-être, qui condense les résultats de ces six sous-indices s'établit cette année à 52,2 points s'améliorant légèrement par rapport à 2021 (+1,8%), après plusieurs années de baisse (-7,9% depuis 2015, date de création de ce baromètre).

Inégalités

Ce baromètre révèle que les inégalités sont bien toujours présentes et que certaines s'aggravent. Le niveau moyen de bien-être est toujours plus bas chez les femmes (49,4) que chez les hommes (55,2). Malgré une augmentation globale de ce niveau moyen, il baisse cette année de 1,7% chez les moins de 40 ans. Pour une famille monoparentale, ce niveau a reculé de 21,5% sur sept ans. Pour les personnes en incapacité et pour celles sans emploi, ce niveau reste inférieur au niveau global: 32,4 et 48,3 respectivement.

Ce sondage annuel montre également que lorsque la situation financière se dégrade, cela freine des comportements de prévention contre certaines maladies. En effet, un tiers des personnes interrogées déclarent mal se nourrir pour des raisons financières et plus de quatre sur dix affirment ne pas faire de sport pour les mêmes raisons. Par ailleurs, la proportion de personnes qui arrivent à mettre un peu d'argent de côté chaque mois passe de 44,4% à 36,3%. Plus d'un quart (26,2%) exprime ne pas s'en sortir sans être à découvert.

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Mal-être chez les jeunes

Cette enquête de Solidaris pointe un mal-être chez les moins de 40 ans. En effet, selon ce baromètre, près de 40% d'entre eux peuvent être considérés comme étant en dépression et plus d'un sur deux en état de stress élevé. Seuls 43% de ces jeunes estiment que leur travail est source de bien-être et plus d'un sur deux trouvent les cadences trop élevées. Leur confiance dans les syndicats s'étiole, passant de 40,6% à 34,3%.

Soins de santé

En outre, 70% des sondés qualifient la qualité du système de santé belge d'excellent et plus de deux tiers ont confiance dans les mutualités, ce chiffre est relativement stable ces dernières années. Par contre, une baisse de confiance dans la Sécurité sociale est observée. Celle-ci s'explique, selon Solidaris, par l'évolution des moins de 40 ans sur cette question (de 65% à 56,7%).

Presque trois quarts des répondants (73,6%) estiment que le temps d'attente pour être admis à l'hôpital trop long, contre 49,2% en 2015. Pour 61% d'entre eux, il y a suffisamment de professionnels de la santé dans leur région, contre 76% en 2015. Enfin, 69,1% pensent que la qualité des soins de santé est actuellement menacée pour des raisons de coûts.

"Sécurité sociale universelle"

Au vu des résultats de cette enquête, Solidaris tire la sonnette d'alarme et émet quelques recommandations qui semblent, selon elle, "vitales pour une partie de plus en plus grande de la population": automatiser le statut BIM (bénéficiaire de l'intervention majorée), mettre fin au statut de cohabitant et de manière plus générale, relever les minima sociaux.

Selon le secrétaire général de Solidaris, Jean-Pascal Labille, il faut mettre en place une "sécurité sociale universelle qui protège tout le monde et intègre aussi les nouveaux risques, notamment environnementaux" et consolider le rôle régulateur de l'Etat.

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