Tous addicts aux écrans : quelle est l’ampleur du phénomène ?

Sommes-nous tous addicts aux écrans? Selon une étude, l’addiction aux écrans est moins répandue qu’il ne l’est souvent dit.

Sommes-nous réellement addicts aux écrans?
Sommes-nous tous addicts aux écrans? © Unsplash

GSM, tablettes, écrans, télévisions, consoles… Les écrans font désormais partie de notre quotidien. Selon des chiffres fournis par Orange, environ un Belge sur cinq passe plus de cinq heures par jour sur un smartphone, soit presqu’une journée de travail entière ! Et d’après une étude du CSA réalisée en 2021, nous passons en moyenne trois heures par jour devant la télé. Alors, serions-nous tous devenus addicts à nos écrans ?

En France, l’unité SANPSY de l’Université de Bordeaux s’est posé la question et a étudié les critères de l’addiction lorsqu’ils sont appliqués aux écrans. Pour ce faire, ils ont adapté les critères du DSM-5 pour l’addiction aux jeux vidéo sur Internet qui est établie comme " une utilisation persistante et répétée des écrans conduisant à une altération du fonctionnement ou une détresse cliniquement significative ".

Pour qu’une personne puisse être qualifiée d’addict aux écrans, elle doit répondre à au moins cinq des neufs critères suivants : la préoccupation (passer beaucoup de temps à penser aux écrans) ; le sevrage ; la tolérance ; la perte de contrôle ; la perte d’intérêt ; la poursuite de l’activité sur les écrans malgré les problèmes engendrés (comme le manque de sommeil) ; mentir sur son utilisation des écrans ; soulager une humeur négative grâce aux écrans ; risquer ou perdre des relations ou des opportunités à cause des écrans.

Une addiction " relativement rare "

Il est ressorti de l’étude qu’une telle addiction est " relativement rare ". En effet, seuls 1,7% des personnes interrogées (3000 participants) seraient concernés. " Ceci dément une croyance souvent entendue que la majorité des utilisateurs des écrans auraient une ‘addiction’ ", expliquent les chercheurs dans The Conversation.

Un autre résultat important qui ressort de leur étude est que presque 45% des personnes interrogées répondaient au moins à un des critères mentionnés ci-dessus : " Autrement dit, la proportion de personnes rencontrant différents problèmes liés à leur usage d’écrans est nettement plus importante que celle des personnes dont la pratique pourrait être qualifiée ‘d’addiction’ au sens médical ".

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Mais est-ce que les critères de l’addiction classique peuvent s’appliquer aux écrans ? Selon SANPSY, qui a mené une seconde vague d’analyses avec l’Université de Columbia, la réponse est oui : " Les critères utilisés ont bien montré une unidimensionnalité, c’est-à-dire qu’ils mesuraient bien un seul et même diagnostic (l’addiction aux écrans) sur un continuum de sévérité ".

Cette étude conclut que l’addiction aux écrans est moins répandue qu’il ne l’est souvent dit. Cependant, une part très importante de la population est confrontée à des problèmes avec des écrans : " Il est donc important d’établir un cadre de recommandations à destination de la population sur l’usage des écrans pour en réduire les risques et les dommages ", concluent les chercheurs.

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