Pollution de l’air : quelles conséquences sur notre santé?

Neuf Belges ont déposé plainte contre les trois Régions de notre pays pour dénoncer la mauvaise qualité de l'air. Mais quelles sont les conséquences de la pollution atmosphérique sur notre santé ? On fait le point.

Schaerbeek © Belga Image

Sept adultes et deux enfants déposent plainte lundi, devant le tribunal civil de Bruxelles, contre les trois Régions du pays pour dénoncer la mauvaise qualité de l’air qu’ils respirent en Belgique, rapportent Le Soir et De Standaard. Le gouvernement fédéral est aussi cité.

Les plaignants considèrent que les gouvernements régionaux manquent à leur responsabilité " de protéger la santé de la population contre les niveaux dangereux de pollution atmosphérique dans tout le pays ". Ils veulent que la justice civile reconnaisse ces manquements et " contraigne les Régions à reconnaître que leurs législations ne sont pas assez strictes ".

Les plaignants sont soutenus par l’organisation environnementale ClientEarth, également plaignante dans cette affaire. Selon ceux-ci, " les seuils de pollution prévus par la législation belge sont le reflet d’une science dépassée, ce qui signifie que les lois actuelles autorisent des concentrations de pollution jusqu’à quatre fois plus élevées que ce que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) considère comme acceptable. Ils affirment que cela porte atteinte à leurs droits fondamentaux" , explique Bianca Vergnaud, de ClientEarth.

Principal risque environnemental pour la santé 

Selon l’OMS, la pollution de l’air est le principal risque environnemental pour la santé dans le monde. L’exposition à la pollution de l’air extérieur conduit chaque année au décès d’environ 4,2 millions de personnes dans le monde.

Il est important de préciser que la pollution atmosphérique est un mélange complexe de polluants qui peuvent être chimiques (ozone, dioxyde et oxydes d’azote, dioxyde de soufre, métaux, certains composés organiques volatils, éthanol, hydrocarbures…), physiques (particules fines, poussières composés d’une multitude de composants chimiques) et biologiques (pollens, moisissures).

Ces polluants proviennent en majorité des activités humaines comme les transports, le chauffage domestique par combustion (bois, charbon, fuel…), l’agriculture intensive et l’activité industrielle (fumées et poussières).

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Les particules fines  

Les activités humaines augmentent considérablement la concentration des particules fines. Elles émanent de la combustion d’énergies fossiles (essence, diesel, mazout, bois, charbon, etc.), de l’incinération des déchets, de l’activité industrielle et des activités associées aux secteurs du bâtiment et de l’agriculture.

Les particules fines s’infiltrent dans les voies respiratoires et peuvent provoquer à court ou long terme des pathologies qui vont de la simple inflammation aux affections les plus graves. Une exposition à long terme aux particules atmosphériques urbaines est associée à  un risque accru de cancer du poumon. Elles peuvent aussi être responsables de maladies cardiovasculaires comme des accidents vasculaires cérébraux ou des infarctus du myocarde.

Selon Sciensano, elles auraient aussi un impact sur la grossesse et le fœtus (naissance prématurée), des effets neurologiques (déclin de la fonction cognitive, Alzheimer, Parkinson, etc.) et sur le système immunitaire.

Les oxydes d’azote

L’oxyde d’azote est un polluant qui provient des processus de combustion. Il est responsable d’irritations aux yeux, au nez et à la gorge. Il peut aussi, par inhalation, causer des irritations des poumons et réduire la fonction pulmonaire. Chez les personnes asthmatiques, il favorise une hyperréactivité des bronches et chez les enfants, une augmentation de la sensibilité aux infections microbiennes.

L’ozone troposphérique

Les concentrations élevées d’ozone s’observent principalement l’été, pendant les heures chaudes et ensoleillées. L’O3 est un gaz agressif qui peut causer de graves problèmes de santé lorsqu’il est présent en quantité anormalement élevée. Il peut être responsable de migraines, d’irritation des yeux ou de la gorge. Une exposition chronique altère la qualité de vie et peut même diminuer l’espérance de vie.

Les COVNM (composés organiques volatils non méthaniques)

Une exposition à ces composés peut entraîner une gêne olfactive, une irritation des voies respiratoires, cutanée et oculaire, une diminution de la capacité respiratoire ou encore des effets cancérigènes ou mutagènes. " Aujourd’hui, ce sont les problèmes allergiques qui sont les plus interpellant. En effet, la prévalence de ces pathologies est en constante augmentation", précise Bruxelles Environnement.

Le dioxyde de soufre

Le dioxyde de soufre provient en grande partie du raffinage du pétrole, des matériaux de construction, de la métallurgie, de la chimie, ou encore des centrales thermiques. Il s’agit d’un gaz toxique par inhalation qui peut affecter le système respiratoire, entrainant une toux, une production de mucus, une exacerbation de l’asthme, des bronchites chroniques et une sensibilisation aux infections respiratoires.

Les COV (composés organiques volatils)

Les COV proviennent de diverses sources mais sont notamment émis par le trafic routier et par l’évaporation de carburants, de solvants et de gaz. A ce jour, plus de 300 composés organiques volatils ont été répertoriés dans l’air extérieur en France. Or, divers COV ont des propriétés cancérigènes, comme le benzène, et d’autres sont toxiques. Leur effet sur la santé humaine dépend du type de polluant et de la durée d’exposition. La plupart des COV peuvent être à l’origine de maux de tête et d’irritations des yeux lors d’une exposition prolongée.

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