Budget de la santé : comment le gouvernement a oublié ses promesses

Pour financer la crise énergétique, le fédéral a décidé de réduire les investissements dans les hôpitaux, malgré les promesses faites lors de la pandémie. Et la qualité des soins?

vandenbroucke et de croo
© BelgaImage

Le gouvernement

Plus pour les ménages
Pour financer les aides de la crise énergétique, le fédéral est revenu sur sa promesse de 2020 en s’attaquant à la norme de croissance, c’est-à-dire l’augmentation des budgets des hôpitaux en plus de l’inflation. Elle passera de 2,5 à 2 % en 2024, soit le niveau d’avant la pandémie.

Sous-utilisation
Dès janvier 2023, le budget des hôpitaux sera par ailleurs “amputé” des montants qui ne pourront pas être utilisés. C’est ce qu’on appelle la “sous-utilisation des soins de santé”. Cette vision du gouvernement a pour but d’atteindre un équilibre budgétaire annuel et pas de mener une stratégie à long terme.

Un effort à 320 millions
La révision de la norme de croissance permettra d’éviter une dépense de 75 millions d’euros en 2024. La décision sur sous-utilisation des soins, de 120 millions en 2023 et 125 millions l’année suivante. Ce ne sont pas des économies (le gouvernement ne coupe pas dans les budgets), mais des “montants réservés” (une revalorisation des investissements qui n’a pas lieu).

Absence de motif
La réaction du ministre de la Santé Frank Vandenbroucke la semaine dernière n’a pas été très convaincante: “Je n’ai pas à justifier d’économies, car on continue d’investir massivement dans les soins de santé”. Il fait référence à la norme de croissance qui continue d’exister, bien que réduite.

Les hôpitaux

Moins pour les hôpitaux
Ne pas se limiter à l’indexation n’est pas un luxe. L’objectif des investissements supplémentaires est de parer les établissements hospitaliers face aux défis du vieillissement de la population ou de l’innovation médicale et des traitements. Cette stratégie permet d’augmenter la qualité des soins.

Matelas de sécurité
Il peut effectivement arriver qu’un hôpital ne parvienne pas à dépenser l’ensemble de son budget. Cela ne signifie pas cependant que l’argent soit “excédentaire”. Il peut servir à stabiliser les comptes d’un hôpital et le rendre plus viable à terme, ou à réaliser davantage d’investissements plus ambitieux et coûteux l’année suivante.

Besoin d’investissements
Chaque année, les enquêtes MAHA (Belfius) démontrent la fragilité des hôpitaux. Chez Belfius et au sein des directions hospitalières, il se dit qu’un tiers des établissements risquent le déficit en 2022. C’est d’autant plus préoccupant que les investissements sont nécessaires pour, par exemple, rendre le métier d’infirmière plus attractif.

Des conséquences déjà visibles
Le secteur des soins de santé au sens large se dit inquiet. Solidaris a sorti la calculatrice: avec la norme de croissance en 2023, seulement 190 millions d’euros devraient être récupérés pour revaloriser les médecins conventionnés. C’est insuffisant.

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