Covid: comment se prémunir (test, isolement…) avec le variant BA.5?

Tests, symptômes, quarantaines, etc.: rappel en détail des règles sanitaires revues à la lumière du nouveau sous-variant d'Omicron, BA.5.

Test Covid
Une femme se faisant tester pour le Covid-19 dans un centre adapté, à Helmond (Brabant septentrional, Pays-Bas) le 25 juillet 2022 ©BelgaImage

Depuis la mi-septembre, les chiffres du Covid remontent. Selon le dernier bulletin épidémiologique de Sciensano, les cas sont en hausse de 26%, les hospitalisations de 28%, les décès de 42%, et l’occupation de lits en soins intensifs de 32%. Bref, si les chiffres restent encore bas comparés aux vagues déjà traversées, les voyants sont tous au rouge.

C’était prévu, l’automne étant propice au retour de maladies comme le Covid ou la grippe, mais la population a eu le temps d’oublier quelles règles sanitaires étaient en vigueur. Un petit rappel s’impose donc. Pour compliquer la donne, il y a un problème supplémentaire: désormais, c’est la version BA.5 du variant Omicron qui circule. En Belgique, il représente 92,37% des cas selon Sciensano. Est-ce qu’il faut adapter nos règles de prévention au vu des caractéristiques de ce nouveau venu (pour les gestes barrières, tests, quarantaines, etc.)? On fait le point.

Quand devient-on un contact à haut risque?

Pour l’instant, les règles sanitaires édictées sur le site officiel Info-coronavirus sont toujours celles datées de mars 2022, lorsque les premières version d’Omicron s’imposaient chez nous. Depuis ce moment-là, un contact à haut risque est défini de la manière suivante: il s’agit d’une personne de six ans ou plus entrée en contact avec un individu contaminé pendant plus de 15 minutes et à moins de 1,5 mètre.

Pourquoi faire une telle distinction à six ans? D’après Yves Van Laethem, porte-parole interfédérale Covid-19, "ce serait purement lié au fait qu’on ne faisait pas de tests chez les très jeunes enfants sauf en cas de pathologie grave", nous confie-t-il. Ce ne serait pas lié au profil particulier de BA.5.

Que faire si on est contact à haut risque?

Les recommandations distinguent les contacts de ce genre eus au sein du foyer familial ou en dehors. Si votre contact à haut risque s’est fait en-dehors du domicile, il faut juste être prudent pendant sept jours (limitation des contacts, gestes barrières et télétravail, mais pas de test PCR ou de quarantaine) sauf pour les personnes à la santé fragile. Si votre contact s’est fait dans le foyer familial mais que vous n’avez pas de symptômes, la recommandation est la même. Vous pouvez éventuellement faire un autotest, surtout si vous ne portez pas de masque, et s’il est positif vous pouvez demander un code sur www.masanté.be pour faire un test PCR ou antigénique en pharmacie. Enfin, si vous êtes contact à haut risque dans le foyer familial avec symptômes, vous passez tout de suite à la case PCR ou antigénique en pharmacie, avec un isolement préventif avant la réalisation du test.

Yves Van Laethem précise que ces distinctions entre milieux intra- et extra-familial viendraient de l’idée que globalement, les contacts sont plus étroits et prolongés au sein d’un même ménage. Ce n’est pas une question liée au risque intrinsèque du type de contact, ni une volonté de réduire l’utilisation de tests, selon lui. Il précise que ces conseils sont spécifiquement donnés pour le Covid et pas pour d’autres maladies respiratoires, bien que la maladie soit "en train de se banaliser". Avec Omicron et BA.5, "on n’est plus dans l’optique de dire ‘vade retro satanas’ dès qu’une personne éternuait ou toussait à une soirée", dit-il.

Quels symptômes doivent alerter avec BA.5?

Pour évaluer ses symptômes, le site Info-Coronavirus liste ces signes potentiellement annonciateurs d’un cas de Covid: rhume, mal de tête, fièvre, perte du goût et de l’odorat, courbatures, difficultés respiratoires, fatigue et diarrhée. Une auto-évaluation est également possible sur www.masanté.be, en indiquant ensuite s’il faut un test ou pas.

Yves Van Laethem rappelle au passage qu’"avec BA.1 et BA.2, peut-être aussi un peu avec BA.5, on est avec une virulence cinq à huit fois plus basse comparé aux variants de Wuhan, Alpha et Delta". Les caractéristiques d’Omicron expliqueraient cette tendance mais seulement en partie. Il ne faut pas non plus oublier que le vaccin joue aussi dans la baisse du risque global, puis "les plus fragiles ont déjà été victimes les années précédentes par le Covid". Tout cela a joué un rôle dans l’accalmie de l’épidémie. Revers de la médaille: "Omicron est plus transmissible, sûrement parce qu’il se plaît mieux dans le haut des poumons plutôt que dans le bas". BA.5 a des protéines qui peuvent lui donner quelques nuances mais le profil n’est pas non plus totalement différent comparé à BA.1 et BA.2, les premiers sous-variants d’Omicron.

Quand faire un test exactement?

Maintenant, vous pouvez vous demander quand il vaudrait mieux faire un test pour avoir le plus de chance qu’il soit correct, que vous soyez invité à en faire un ou pas, notamment après un contact à haut risque. Pour Yves Van Laethem, "dès que les symptômes sont là, on peut considérer qu’un test peut être fait". Dans ce cas-là précis, un test négatif "a un haut pouvoir prédictif et tend à montrer que vous avez attrapé un autre virus".

Pour les asymptomatiques qui apprennent qu’ils ont eu un contact avec une personne positive, le virologue conseille d’agir en deux temps. Pendant les 48 premières heures après ce contact, il vaut mieux prendre les premières précautions, par exemple ne pas rendre visite à des personnes à la santé fragile, voire porter un masque au boulot. "Après 48-72 heures, on peut faire éventuellement un test même en n’ayant pas de symptômes. S’il se révèle négatif, je ferais comme si de rien n’était. Peut-être que malgré tout, les symptômes pourraient apparaître après" et qu’il s’agissait d’un faux négatif, mais il juge que la balance des risques est faible et qu’il est possible de relâcher la pression.

Yves Van Laethem rassure aussi sur un point: il n’y a pas de baisse notable de l’efficacité des tests avec BA.5. "On ne m’a jamais dit qu’Omicron échappait plus que les autres aux tests", dit-il.

Qu’en est-il des quarantaines?

Si vous êtes positif au Covid, c’est au minimum sept jours d’isolement à partir du moment précis de votre test, "ou à partir du début des symptômes", précise le porte-parole interfédéral Covid-19. Une fois arrivé au bout de cette période, vous pouvez mettre fin à la quarantaine à condition de ne plus avoir de fièvre depuis au moins trois jours et de constater une amélioration des autres symptômes. Vous devrez également veiller à un respect absolu des gestes barrières (masque en intérieur, limitation des contacts, surtout pas d’activités sans masque, éviter de voir des personnes à la santé fragile, etc.). Si vous avez toujours de forts symptômes, l’isolement continue.

Est-ce que cela pour autant dire qu’après s’être conformé à toutes ces règles, on peut vivre sans la moindre crainte de contaminer quelqu’un avec BA.5? "Pas à 100%", assure Yves Van Laethem. "Les Omicron ont une incubation plutôt courte et parfois une persistance un peu plus prolongée. Je pense qu’après une quinzaine de jours, ça va, mais pas après 10-11 jours". En ce sens, la quarantaine de 14 jours, qui était un temps imposée, serait plus adaptée pour se protéger plus sereinement de BA.5. Toutefois, le virologue précise que cette règle n’existe plus pour deux raisons: il faut prendre en compte la dureté de cette durée pour une population qui en a marre du Covid, mais aussi l’impact économique d’une telle mesure au vu du nombre de quarantaines nécessaires.

Et pour le vaccin?

Reste la question du nouveau vaccin bivalent qui sert actuellement pour la deuxième dose de rappel. Les études immunologiques montrent que le bivalent permet "de produire plus d’anticorps contre Omicron", rappelle Yves Van Laethem. Dernièrement, des doses adaptées à BA.5 sont apparues mais le virologue précise qu’il n’y a pas encore eu d’études cliniques testant réellement l’efficacité contre BA.5, qui est un sous-variant trop récent pour avoir des données précises à ce sujet. "Le bivalent BA.5 ne devrait pas être inférieur au bivalent BA.1, mais est-il supérieur? On ne sait pas".

Enfin, les projections épidémiologiques prédisaient que la vague automnale de BA.5 à venir devrait être plutôt bien contenue si au moins la moitié des plus de 65 ans était vaccinée. Or c’est déjà le cas. 62% des plus de 65 ans ont reçu le deuxième rappel, tout comme 63% des 75-84 ans et 55% des 65-74 ans (idem pour 32% des 55-64 ans). Cela rassure Yves Van Laethem, même s’il espère que la campagne de vaccination va continuer au vu de son rôle qu’il juge "essentiel".

Projection de la vague automnale 2022 de Covid-19

©IPM Graphics

Il rappelle cependant que ces pourcentages sont au niveau national. Au niveau régional, le bilan est quelque peu différent. Seuls 38% des Wallons et 23% des Bruxellois de 65-84 ans ont reçu le deuxième rappel pour l’instant (contre 72% côté flamand). Pour les plus de 85 ans, ces pourcentages sont de 37% en Wallonie, 30% à Bruxelles et 76% en Flandre. C’est pour cela qu’en l’état, le virologue n’exclut pas une reprise plus forte de l’épidémie au sud du pays, même s’il y a encore du temps pour vacciner et que les projections sont assez optimistes pour dire que le vague de cette fin d’année ne devrait pas être aussi haute que les automnes précédents.

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