Un tiers des Belges ont honte de leurs seins: pourquoi c’est une mauvaise nouvelle pour le dépistage

À l’occasion d’une vaste étude nationale sur la prévention et le dépistage du cancer du sein, l’asbl Pink Ribbon a interrogé un millier de femmes belges sur leur rapport à leur corps et plus spécifiquement à leur poitrine.

Un ruban rose, symbole international de la sensibilisation au cancer du sein
Un ruban rose, symbole international de la sensibilisation au cancer du sein @BelgaImage

À quel point les femmes belges aiment-elles et regardent-elles leurs seins ? La question, à première vue triviale, pourrait bien avoir des implications insoupçonnées en matière de santé publique. C’est en tout cas ce que défend l’asbl Pink Ribbon. À l’occasion d’octobre rose, le mois de sensibilisation au cancer du sein, l’association a commandé un sondage Ivox auprès de mille femmes belges de plus de 18 ans. Objectif : se faire une meilleure idée de leurs connaissances vis-à-vis du cancer, ainsi que d’en savoir plus sur leur rapport à leur corps et à leur poitrine.

Les résultats publiés ce mercredi par Pink Ribbon montrent qu’il y a encore du travail en matière de "body positive", c’est-à-dire pour tendre vers l’acceptation et l’appréciation de tous les types de corps humains, pas uniquement ceux raccords avec les standards actuels de beauté. Plus de la moitié des sondées ont indiqué avoir une image peu flatteuse de leur corps ; près de 60% d’entre elles disent même préférer ne pas se regarder dans le miroir.

Constat similaire en ce qui concerne le rapport que les femmes ont envers leurs seins : si 7 répondantes sur 10 voient dans leur poitrine un élément important de leur identité de femme et pensent qu’il y a de quoi en être fières, un tiers avoue avoir parfois honte de leurs seins. 3 sur 10 en sont gênées, et un quart essayent même de dissimuler leur poitrine autant que possible. Ce sont les femmes les plus jeunes qui se montrent les moins satisfaites (moins de 34 ans) ainsi que celles issues de milieux socio-économiques moins favorisés.

1 femme sur 8 confrontée au cancer du sein

Or si l’on a honte de sa poitrine et que l’on fuit le miroir, l’auto-examen en pâtit, ce qui peut diminuer les chances de détection précoce d’un cancer du sein. L’an dernier, plusieurs personnalités dont Typh Barrow ou Clara Luciani avaient souligné l’importance de cet auto-examen au travers de la campagne #MixForBoobs ; le clip montrait que les techniques de mix utilisées par les DJ sur les platines peuvent s’apparenter aux gestes d’autopalpation pour détecter un cancer du sein.

La vidéo visait surtout à alerter les jeunes femmes des risques potentiels, les invitant à faire attention à toute anomalie, comme un écoulement, un changement de forme ou de couleur.

Alors que le cancer du sein est le cancer le plus répandu chez les femmes en Belgique, (1 sur 8 y sera confrontée au cours de sa vie), seules 10 % des répondantes ontt conscience de ces chiffres, selon le sondage commandé par Pink Ribbon. Moins de la moitié des femmes se sentent par ailleurs suffisamment informées. 50% d’entre elles pensent que le cancer du sein est avant tout une affaire d’hérédité, alors qu’en réalité, 1 cancer du sein sur 10 est réellement héréditaire (une prédisposition familiale peut toutefois jouer dans 1 cas sur 3).

9 signaux d’alarme

Dans sa campagne, Pink Ribbon rappelle également les 9 signaux d’alarme précoces à prendre en compte dans le cas d’un cancer du sein. Les voici :

  • Une petite boule à l’intérieur du sein
  • Une petite boule sous l’aisselle
  • Une petite boule sur le sein
  • Une bosse ou un creux dans le sein
  • Un mamelon rentré vers l’intérieur
  • Un changement dans la forme du sein
  • Une perte de liquide au niveau du mamelon
  • Une peau du sein inégale ou dure au toucher
  • Un changement de couleur de la peau du sein

Pink Ribbon vous propose également de faire le test en ligne sur le site mammoquiz.be, pour connaître votre niveau de connaissance par rapport au cancer du sein.

 

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