Les fruits d’automne contaminés par les pesticides les plus dangereux

Les directives européennes pour empêcher l’utilisation des pesticides les plus dangereux n’ont pas fonctionné. On les retrouve sur beaucoup de pommes, poires ou prunes.

Les fruits d’automne contaminés par les pesticides les plus dangereux
Pommes, poires et prunes font partie des fruits d’automne. (@Belga Image)

Respecter la saisonnalité des fruits et légumes permet de réduire son empreinte écologique. De plus en plus, de consommateurs font donc attention à leur choix de produits, afin de s’assurer que ceux-ci aient fait le moins de trajet possible jusqu’à leurs assiettes.

Fin septembre, il est temps de laisser les fruits d’été et de passer à ceux de l’automne, comme la poire ou la prune par exemple. Mais attention à ceux que vous choisissez : il faut peut-être penser au bio.

En effet, comme on peut lire dans Le Soir, les fruits d’automne contiennent les pesticides parmi les plus potentiellement dangereux. C’est qui ressort d’un rapport de l’association Pesticide Action Network – Europe.

Parmi les fruits analysés, issus du commerce, 49% des poires, 44% du raisin, 34% des pommes, 29% des prunes et 25% des framboises contenaient des traces de pesticides liés à des risques de cancers et autres maladies graves, mais également toxiques pour l’environnement. "La plupart d’entre eux constituent une menace, même à faible dose", indique le rapport.

Pire, ces proportions sont en hausse. L’association a testé plus de 44.000 échantillons de fruits frais entre 2011 et 2020 et "la contamination des pommes, poires et prunes a presque doublé depuis 2011".

Selon les pays, cette proportion de fruits contaminés varie. Par exemple, pour les pommes, 71% de celles issues des Pays-Bas affichaient le taux le plus élevé de pesticides, contre 45% en France.

La Belgique, elle, est le mauvais élève pour ce qui concerne les poires. 71% de ces fruités testés étaient également très contaminés.

Comment expliquer ces hauts taux de contamination ?

Consciente de cette problématique, en 2009, l’Union européenne a adopté deux lois qui exigeaient une élimination progressive de cette catégorie de pesticide, la plus toxique et remplaçable par des alternatives non chimiques.

Mais le rapport de l’association PAN montre que les géants de l’industrie chimique ont eu énormément d’influence sur les directives européennes, ensuite reproduites dans les règlements nationaux, menant à une non-disparition de ces pesticides, mais expliquant aussi le peu de succès des alternatives plus saines.

D’après le rapport, la Commission européenne était au courant de l’échec de sa démarche depuis 2018, mais n’aurait rien fait pour y remédier. Si les directives européennes précédentes ne sont pas remplacées par de nouvelles, qui mettent en avant les solutions non chimiques, l’objectif européen de réduction des pesticides ne pourra pas être atteint.

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