Le foetus rit ou grimace selon ce que la maman ingère : voici les résultats d’une étude anglaise

L'importance de l'alimentation des mamans durant la grossesse était connue. Mais à présent, on sait que selon le type de saveurs, le foetus réagit différemment.

Le foetus rit ou grimace selon ce que la maman ingère : voici les résultats d’une étude anglaise
FETAP (Fetal Taste Preferences) Study/Fetal and Neonatal Research Lab/Durham University

Le goût. L’un de nos cinq sens. Celui qui en une bouchée nous pousse d’un " j’aime " à " j’aime pas ". Et de ces conversations interminables : " T’aimes pas les épinards ? ". Eh ben non, j’aime pas les épinards ! " Mais que disent de nous nos goûts ? Une récente étude de la Durham University vient d’être publiée. Cette étude s’intéresse aux goûts et à la réaction que provoquent les saveurs sur les foetus. Pour la première fois, les effets physiques du régime alimentaire des femmes enceintes sur l’enfant à naître ont été décryptés.

" Ici, nous rapportons la première preuve directe de la réactivité fœtale humaine aux saveurs transférées via la consommation maternelle d’une capsule à dose unique en mesurant les mouvements faciaux fœtaux image par image ", affirment les chercheurs.

Une expérience unique au monde 

L’expérimentation s’est réalisée dans le Nord de l’Angleterre. Elle a impliqué  des femmes enceintes et leur foetus âgé entre 32 et 36 semaines. Des groupes étaient formés et chacun était soumis à des saveurs différentes.

Les fœtus exposés à la saveur de carotte ont montré plus fréquemment un petit rictus que ceux soumis au chou frisé par exemple qui répondaient par un levage et serrage de la lèvre supérieure. Les premières conclusions prouvent que les foetus distinguent les saveurs. " Parmi une grande variété d’autres composés liés au génotype et au métabolisme materno-fœtal ainsi qu’à l’environnement maternel, l’environnement prénatal est imprégné de composés aromatiques véhiculés par l’alimentation de la mère. Chez les fœtus humains, les papilles gustatives se développent anatomiquement à 8 semaines de gestation et peuvent détecter des saveurs à partir de 14 semaines de gestation ", rapporte l’étude.

L’enfant à naître est donc particulièrement réceptif à l’alimentation de la maman. Par exemple, l’odeur d’ail n’a aucun effet sur l’enfant après la naissance pour autant que la maman ait mangé quatre repas par semaine contenant de l’ail durant les derniers mois de grossesse. " Ces découvertes humaines, ajoutées à celles d’études sur des fœtus de rats, d’agneaux, de porcelets et de chiens (Figueroa et al., 2013 ; Hepper et Wells, 2006 ; Lévy et al., 2020 ; Smotherman et Robinson, 1987), appuient l’affirmation qu’il existe des preuves d’une rétention stable et à long terme des expériences fœtales de saveur qui peuvent affecter l’acceptation des aliments après la naissance. "

Face de rire ", " Face de pleurs "

Ici, l’étude démontre que cette réception des saveurs provoque même une réponse faciale spontanée et immédiate des foetus une fois soumis à certains aliments précis. " En analysant leurs réactions faciales, nous présentons de nouvelles preuves directes que les fœtus peuvent distinguer différentes saveurs dans le liquide amniotique. Nous avons constaté que lorsque les fœtus étaient exposés à la saveur de carotte, ils étaient plus susceptibles de présenter des réactions de " face de rire ", et lorsqu’ils étaient exposés à la saveur de chou frisé, ils étaient plus susceptibles de présenter des réactions de " face de pleurs ". Nous avons également constaté que les réponses faciales aux saveurs devenaient plus complexes à mesure que les fœtus mûrissaient. "

En haut un visage neutre, en bas le même visage mis en relation avec des saveurs amères. ©Durham University

Les résultats de cette étude en appuient d’autres qui remarquaient déjà une différence entre les nourrissons ayant ingéré davantage de jus de carotte ou d’aliments amères. " Les nouveau-nés exposés au jus de carotte avant la naissance présentaient moins de rides du nez, d’abaissement des sourcils, d’élévation de la lèvre supérieure, d’ouverture et de rotation de la tête que les nouveau-nés non exposés (Mennella et al., 2001). En revanche, les nouveau-nés baissent les coins de la bouche et lèvent la lèvre supérieure lorsqu’ils sont exposés à une solution amère (Steiner, 1979). "

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