Vêtements anti-UV: quand sont-ils efficaces et comment les choisir?

L'offre de vêtements anti-UV s'est étoffée ces dernières années, ce qui amène à devoir séparer le bon grain de l'ivraie.

Une femme devant le soleil couchant
Une femme devant le soleil couchant @BelgaImage

Cette semaine, avec un temps constamment ensoleillé, l’Institut royal météorologique (IRM) met en garde. L’indice UV sera constamment de 6, soit un niveau "élevé" qui provoque des "coups de soleil rapides". Vu qu’en Belgique, cet indice ne dépasse que très rarement 7 (sur une échelle totale de 11), la vigilance est de mise. Une des armes pour affronter ce danger, ce sont les vêtements anti-UV. Autrefois très spécialisés et ne bénéficiant que d’une offre très limitée, ces produits se démocratisent aujourd’hui. Encore faut-il pouvoir s’y retrouver pour ne faire des achats inefficaces. En ce sens, le consommateur peut se fier à plusieurs repères.

Nos ennemis: les UVA et UVB

Rappelons avant tout la base: nous devons nous protéger de deux catégories de rayons UV, réputées délétères pour notre peau. Il y a d’abord les ultraviolets A (UVA, qui ont un spectre entre 315nm et 400nm), responsables du bronzage immédiat et de courte durée. Ils s’attaquent aux tissus élastiques du derme, ce qui provoque son vieillissement, et à ses mécanismes de défense. In fine, la destruction de l’immunité de la peau empêche la destruction des cellules cancéreuses, d’où des cancers.

Autre catégorie d’UV délétères: les ultraviolets B (UVB, entre 280nm et 315nm). Ce sont eux qui colorent la peau, d’où un bronzage plus permanent, et qui finissent par la brûler. Un mécanisme qui s’attaque à notre ADN, d’où une perturbation du fonctionnement cellulaire et du système immunitaire. Encore une fois, cela aboutit sur des cancers, plus particulièrement ici avec l’apparition de mélanomes connus pour leur capacité à essaimer des métastases ailleurs dans le corps. Le soleil envoie des rayons lumineux dans toutes les longueurs d’onde du spectre lumineux. Dans le visible bien sûr puisqu’il nous éclaire et nous permet de voir. Dans l’infrarouge puisqu’il nous chauffe. Mais surtout dans l’UV (ultra-violet).

Les vêtements anti-UV doivent donc parer ces deux catégories, les UVA et les UVB (tout comme les crèmes solaires d’ailleurs). Il n’est pas nécessaire de se préoccuper de la troisième catégorie des ultraviolets, les UVC, ceux-ci étant essentiellement bloqués par la couche d’ozone de la Terre (du moins tant que celle-ci ne s’aminci pas trop, comme c’est déjà le cas en Antarctique avec le fameux trou de la couche d’ozone).

L’UPF pour s’y retrouver

Pour ne pas se perdre dans l’offre, il existe un repère qui permet d’estimer l’efficacité du vêtement: l’UPF (facteur de protection UV). C’est l’équivalent du SPF des crèmes solaires, avec une numérotation similaire qui va de 0 à 50+. Cette dernière note, la plus performante, assure un blocage d’au moins 98% des UVA et UVB. Autrement dit, difficile d’avoir un coup de soleil avec une telle protection!

Le souci, c’est que pour atteindre ce niveau maximum, il faut faire quelques petites adaptations. Un simple vêtement en coton ou en lin ne pourrait prétendre à cette qualification. Le textile serait trop fin, trop poreux et trop sensible à l’eau (notamment de la transpiration), ce qui l’amène à être trop transparent et donc à laisser passer beaucoup de lumière. Le recours au synthétique est donc généralement nécessaire. Sauf que porter un tel vêtement en plein cagnard, ce n’est pas forcément agréable! Mieux vaut le garder pour un séjour en montagne. À moins de faire un compromis, avec un alliage entre une matière naturelle et synthétique. Des produits chimiques sont parfois utilisés pour améliorer un peu plus l’UPF mais si vous n’en voulez pas, vous pouvez toujours vous tourner vers ceux qui les évitent.

Autre paramètre: les vêtements de couleur foncée ont globalement un meilleur indice que les autres. Sauf qu’encore une fois, il n’est pas toujours agréable de s’habiller en noir alors qu’il fait plus de 30°C dehors, quand on est tenté de mettre son t-shirt blanc pourtant moins efficace. Idem pour les jeans, qui offrent une très bonne protection de base. Est-ce que vous aurez envie de le porter alors que le short vous fait de l’œil?

Garder un regard critique sur l’UPF

Mais au bout du compte, a-t-on forcément besoin d’un 50+? Pour Thomas Maselis, porte-parole en Flandre de l’Association des dermatologues et vénérologues, pas forcément. Certes, tendre vers le 50 est gage d’efficacité mais comme il le précise à la VRT, de manière générale, "il est préférable de prendre plus de 30". "Je ne dirais pas que dans notre climat, vous avez besoin d’un t-shirt résistant aux UV pour chaque activité de plein air. Si vous vous asseyez sur une terrasse ou que vous vous promenez, vous pouvez déjà avoir une bonne protection avec des vêtements normaux", ajoute la professeure Lieve Brochez, dermatologue à l’hôpital universitaire de Gand.

Une plus grande vigilance est toutefois de mise concernant certaines parties de la population. Les enfants doivent être tout particulièrement protégés car leur peau est encore sensible au soleil. La Fondation belge contre le cancer distingue également plusieurs "phototypes" pour identifier les autres personnes particulièrement fragiles (selon des critères de couleur de peau, cheveux, yeux, etc., visibles dans le tableau ci-dessous). Puis il y a des situations plus risquées, comme les sports aquatiques (l’eau renvoyant les UV).

Phototypes

Phototypes distingués par la Fondation contre le cancer @Fondation contre le cancer

Il faut également préciser que l’UPF n’est pas un indice infaillible. Pour établir la qualité de tel ou tel vêtement, les tests sont menés en laboratoire, dans un environnement aseptisé et sec. Rien à voir donc avec une situation où on transpirerait à grosses goutes lors d’une chaude journée d’été! Un label tente de palier à ce défaut en certifiant une protection même lorsque le tissu est mouillé, usé ou lavé. Son nom: UV Standard 801.

D’abord le parasol, puis les vêtements

Maintenant que vous êtes armés de ces quelques recommandations, reste plus qu’à choisir le produit qui vous convient. La Fondation contre le cancer conseille de choisir des vêtements amples (pour laisser passer l’air) à longues manches combinés avec un pantalon long, afin de protéger un maximum de parties du corps. Autant de surfaces que vous ne devrez pas tartiner avec de la crème solaire (qui reste de rigueur pour les zones non recouvertes).

Ajoutons que la protection numéro un reste l’ombre créée par des arbres ou des parasols. L’indice UPF existe d’ailleurs aussi pour ces derniers. Une première barrière efficace, même s’il ne faut pas oublier les réverbérations (sur le sable, l’eau, la neige, etc.). Reste plus qu’à prendre soin de vos vêtements anti-UV, que ce soit lorsqu’ils ont utilisés (un enfant pouvant abîmer le tissu en se roulant par terre, notamment dans le sable) ou pendant le lavage (qui ne doit pas être trop agressif).

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