Quel est le profil des patients qui développent un Covid long?

Les indices s'accumulent pour savoir qui est le plus à risque de subir un Covid long, ce qui représente une partie non négligeable de la population.

Personne masquée en banlieue de Los Angeles
Personne masquée en banlieue de Los Angeles, en juillet 2021 @Photonews

Cela fait des semaines que vous avez eu le Covid-19 et pourtant, vous n’avez pas retrouvé votre état de santé pré-infection? Alors vous pourriez être victime d’une affection post-Covid, plus connu sous le nom "Covid long". Une série de symptômes persistants qui, selon l’OMS, apparaissent dans les trois mois suivant l’infection et qui continuent de plomber le quotidien pendant au moins deux mois: fatigue, difficultés respiratoires, problèmes de mémoire ou de sommeil, douleurs thoraciques et musculaires, perte de l’odorat et du goût, dépression, fièvre… Mais qui est plus susceptible de subir ce calvaire? C’est la question que se posent les scientifiques, avec des études publiées récemment sur le sujet pour obtenir de premiers éléments de réponse.

4% de la population touchée

Ce 21 juillet 2022, Santé publique France (SpF) a ainsi révélé les résultats de son analyse à grande échelle portant sur une cohorte représentative de 27.537 adultes. 33,9% ont répondu avoir contracté le Covid-19, que ce soit de manière avérée via un test ou de toute évidence sans cette preuve officielle. 39,3% d’entre eux l’ont eu il y a au moins trois mois et 30% de ceux-ci ont eu un Covid long (selon la définition de l’OMS). Autrement dit, le Covid long a concerné près de 4% du total des personnes interrogées par SpF. Ce dernier précise que des symptômes ont perduré 18 mois après l’infection pour 20% des personnes ayant eu le Covid-19. À noter que malgré tout, les symptômes diminuent quand même au fil du temps.

Cela recoupe plus ou moins les résultats d’une enquête téléphonique de l’OMS. Selon celle-ci, 35% des adultes touchés par le Covid-19 n’avaient pas retrouvé leur état de santé habituel 2-3 semaines après leurs tests, et 20% de 18-34 ans sans antécédant de maladie chronique subissaient un Covid long.

Les anciens hospitalisés mais pas seulement

L’établissement public français s’est ensuite intéressé de plus près au profil de ces malchanceux. Trois catégories d’individus ont été visiblement plus touchés que les autres. Il y a d’abord les personnes ayant été hospitalisées à cause du coronavirus (38%), leur état de santé ayant été particulièrement préoccupant au moment de la contraction de la maladie.

Mais il s’avère aussi que le Covid long peut se développer chez d’autres personnes qui ne sont pourtant pas passées par la case hôpital. C’est notamment le cas des femmes (33,8%) et des actifs (32,3%). Une étude britannique publiée en avril dernier avait déjà identifié la gente féminine comme plus à risque, ainsi que les personnes obèses et hospitalisées avec aide respiratoire. SpF précise également que ces résultats sont à interpréter avec prudence, une seconde étude devant être menée avec un panel plus aléatoire afin d’affiner les résultats. Pour l’instant, l’âge n’a pas été identifié comme un facteur majeur, contrairement au risque de développer une forme grave du Covid-19.

Les enfants aussi concernés mais moins

Une autre étude, publiée ce vendredi dans la revue JAMA, s’est d’ailleurs intéressée à la classe d’âge des moins de 18 ans, non prise en compte par SpF. Il s’avère qu’alors qu’un tiers des adultes sont susceptibles de développer un Covid long, la prévalence tombe à 5-10% chez les mineurs (en l’occurrence interrogés dans des services d’urgence de différents pays à travers le monde). Si on ne prend en compte que les enfants renvoyés directement chez eux après avoir été reçus aux urgences, ce taux chute à 4,6%. Quant à ceux qui ont été hospitalisés, le pourcentage est de 9,8%.

Ceux qui ont plus de 14 ans ont a priori plus de risque d’être concernés mais là aussi, il faut faire attention à l’interprétation de cette donnée. Il se pourrait en effet que les moins de 14 ans aient eu plus de difficultés à décrire les symptômes qu’ils ressentaient, ce qui fausserait les résultats.

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