Des microplastiques dans les bouteilles d’eau: voici les marques concernées

Près de 80 % des eaux en bouteille seraient contaminées par des microplastiques. C’est ce qui ressort d’une étude menée par l’association Agir pour l’Environnement. On fait le point.

bouteille en plastique
© Unsplah

Selon une enquête de l’association Agir pour l’environnement, publiée récemment, l’eau de sept bouteilles en plastique testées sur neuf contient des microplastiques" 78 % des eaux testées contiennent des microparticules de plastique ", affirme l’association.

Des résultats variables

Pour réaliser l’expérience, l’association a sélectionné 9 bouteilles d’eau parmi celles les plus consommées en France et les a passées au crible. Seulement deux bouteilles sont exemptes de microplastiques : la Volvic et la Carrefour Monclar. Pour le reste, les résultats sont très variables.

Certaines bouteilles ne contiennent " que " une microparticule par litre ( à savoir la bouteille Evian de 1,5 litre (recyclée) et la bouteille rouge Badoit de 1 litre), tandis que d’autres montrent la présence de 5 voire 8 microparticules par litre (respectivement la bouteille Vittel de 1 litre et bouteille Cristaline de 1 litre).

Mais le triste record est détenu par la Vittel Kids de 33 centilitres (destinée aux enfants). On y a retrouvé 121 microparticules par litre.

Les principaux plastiques retrouvés sont le polypropylène, le polyéthylène et le polyéthylène téréphtalate. Des résultats qui laissent présager une contamination via le bouchon ou le capuchon, sans grande certitude.

Des chiffres potentiellement en deçà de la réalité

Cependant l’association met en garde. Les résultats, obtenus après une analyse stricte en laboratoire, peuvent être sous-estimé. Ainsi, l’exposition d’une bouteille aux UV (soleil), à la chaleur, ou sa réutilisation, sont des facteurs susceptible sd’empirer l’apparition de microparticules de plastique. De plus, le laboratoire mandaté n’était pas équipé pour détecter des particules dont la taille est inférieure à 10 micromètres.

C’est que le plastique ne se dégrade pas. Il se fragmente en microplastiques, puis en débris encore plus petits, les nanoplastiques. La taille minuscule des particules leur permet de s’infiltrer partout. Agir pour l’environnement rappelle qu’en moyenne, nous ingérons l’équivalent d’une carte de crédit (5 grammes de plastique) par semaine.

Quels risques pour la santé ?

Et c’est là que le bât blesse. il n’existe que peu d’études scientifiques sur les conséquences des microplastiques sur la santé humaine.

Cependant, le microplastique a déjà posé des problèmes chez les animaux, auprès des tortues notamment. Dans ce cadre-là, on sait que l’ingestion de microplastique a une influence néfaste sur le microbiote intestinal, joue sur le métabolisme et pourrait même avoir des effets négatifs sur le cerveau.

De plus l’association regrette que ces plastiques soient mélangés avec des additifs, " soumis au secret commercial ". "Chaque fabricant a une composition qui lui est propre, il peut utiliser des dizaines de substances différentes comme additifs ", explique-t-elle.

En revanche, les risques pour l’environnement sont bien réels, avance l’association. Elle critique le faible taux de recyclage de ces bouteilles en plastique. " On aimerait nous faire croire que la solution au fléau du plastique passe par le recyclage. Or, en dehors des bouteilles et flacons, moins de 3 % des plastiques sont réellement recyclés. " Elle milite donc pour une interdiction des bouteilles en plastique d’ici 2027, soit la fin du quinquennat de Macron.

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