Vague de chaleur: les fausses bonnes idées quand il fait chaud

Une sérieuse vague de chaleur s'abat sur plusieurs pays européens, dont la Belgique, en cette mi-juillet. Nous sommes nombreux à chercher à nous rafraîchir et à supporter, autant que possible, cette chaleur suffocante. Attention toutefois, certains gestes, qui peuvent sembler instinctifs, sont parfois contre-productifs.  Petit récapitulatif des fausses bonnes idées.

Vague de chaleur: les fausses bonnes idées quand il fait chaud
© Belga Image

Dormir nu 

Durant les fortes chaleurs, les nuits peuvent parfois être aussi compliquées que les journées, le sommeil étant particulièrement difficile à trouver quand la température est trop élevée. Pour se rafraîchir et espérer tomber dans les bras de Morphée, il peut être tentant de dormir nu. Une pratique qui apporte des bénéfices en temps normal (comme une meilleure régulation de la température) mais qui n’est pas indiquée en cas de canicule. "La sueur s’accumule sur le corps et y reste", explique à cet égard le docteur Julius Patrick, physiologiste en chef du sommeil à l’hôpital londonien Cromwell de Bpu, interrogé par l’édition britannique du magazine Cosmopolitan.  Il est rejoint par le docteur Neil Stanley, du programme britannique Sleep Station, dans les colonnes du Daily Mail Plus: "Pour faire baisser la température, il faut évacuer la sueur de votre peau. Si l’humidité reste sur votre peau (parce qu’elle n’est pas absorbée par un vêtement, elle empêche le corps d’évacuer de la chaleur". 

Il serait ainsi plus indiqué de porter des vêtements – légers évidemment – pour dormir par temps de canicule. A cet égard, les fibres naturelles, comme le coton ou la soie, seront plus efficaces pour évacuer la sueur que les matières synthétiques. "Entre le coton et la nudité, choisissez le coton. Mais si vous devez choisir entre les fibres synthétiques et la nudité, choisissez la nudité", résume le docteur Julius Patrick. Qui préconise par ailleurs de ne pas ranger forcément les couvertures au placard. Dans la même logique, des draps fins en coton absorbent, eux aussi, la sueur. 

Prendre une douche froide

Quoi de plus normal que de vouloir prendre une douche froide, voire glacée, quand les températures dépassent les 30 degrés? Et pourtant, c’est clairement à éviter. Une douche froide risque, en effet, de vous donner encore plus chaud. Et pour cause, l’homme est "un animal homéotherme", comme l’explique Brigitte Tregouet, médecin généraliste à nos confrères du Huffington Post. Nous régulons naturellement notre température interne pour qu’elle se maintienne autour de 37,5°. "Quand il fait froid, (le corps) produit de la chaleur intérieurement et extérieurement", explique la généraliste. Avec une douche froide, le corps va donc devoir compenser pour se réguler, ce qui aura pour conséquence de produire de la chaleur.

D’autant que les contrastes thermiques intenses et rapides peuvent être carrément dangereux pour certaines catégories de personnes plus fragiles. A l’inverse, préférez une douche à température normale, voire de 4 à 5 degrés de moins que la température ambiante. En sortant, "l’eau s’évapore, provoque du froid, cela rafraîchit et diminue la température corporelle", poursuit le médecin. Comme le pointent nos confrères, le principe est le même avec l’utilisation d’un brumisateur, particulièrement efficace pour se rafraîchir.

Se baigner dans le premier point d’eau venu 

Avec les fortes chaleurs attendues dans les prochains jours, nombreux sont ceux qui se rueront sur les points d’eau, piscines, mer, et autres lacs pour atténuer l’effet suffocant des hautes températures. Se baigner oui, mais pas n’importe où. Les médecins insistent sur l’importance de choisir des lieux de baignade autorisés. Au risque d’avoir de mauvaises surprises. Comme le rappelle Jean-François Toussaint, directeur de l’Institut de recherche biomédicale et d’épidémiologie du sport (Irmes), interrogé par nos confrères de RTL France, les points d’eau extérieurs peuvent être pollués. "On risque beaucoup de choses. Tout dépend avec quoi l’eau est polluée, si ce sont des toxines chimiques, si ce sont des toxines bactériologiques", interpelle le médecin. "Les déjections de rats entraînent la leptospirose", met en garde Axel Lamotte, membre du comité directeur de la Fédération française des Maîtres-Nageurs Sauveteurs, interrogé par la Dépêche. "Il peut également y avoir des staphylocoques, qui peuvent être très dangereux". D’autant plus, que la chaleur "multiplie les germes pathogènes dans toutes les eaux".

Boire de l’eau glacée

La logique est la même que celle de la douche froide. Là aussi, la pratique apporte une fraîcheur instantanée, mais le corps doit ensuite compenser, et produire de la chaleur, pour rester à 37,5°.   Optez plutôt pour des boissons à température ambiante. De préférence de l’eau minérale. Celle-ci permet, selon Françoise Grammont, diététicienne nutritionniste, interrogée par nos confrères de Marianne, de "décompenser la perte des minéraux dans la transpiration".

Au même titre, certains vont jusqu’à déconseiller la consommation d’aliments glacés. "Si vous mangez une glace par exemple, cet aliment va prendre la place d’un autre aliment plus désaltérant comme l’eau, on ne couvrira alors pas ses besoins en eau de la journée", explique Françoise Grammont, diététicienne nutritionniste, interrogée par le magazine français. Même constat du côté d’Ameli, le site de la sécurité sociale française, qui insiste: "Cela atténue vite la sensation de soif et vous risquez de ne pas vous hydrater assez pour couvrir vos besoins".

Boire trop

Ce n’est pas une nouveauté: en cas de grosses chaleurs, il est particulièrement important de (bien) s’hydrater. Entre 1,5 et 3 litres par jour, soit plus que d’habitude pour compenser la transpiration plus importante induite par la chaleur. Attention toutefois, quand il fait particulièrement chaud, on peut être tenté de boire beaucoup, voire trop. Quand les quantités ingérées sont vraiment trop importantes, le corps peut passer en état de surhydration, l’hyponatrémie, dont les conséquences peuvent être très sérieuses (jusqu’à l’oedème cérébral). Ce point est, cela dit, valable également en dehors des canicules.

Climatisation et ventilateur en excès

Faire usage d’un ventilateur ou de la climatisation est bien évidemment recommandé en cas de canicule. Mais attention à ne pas en abuser. Durant la nuit, certains ont tendance à vouloir laisser le ventilateur tourner pour se rafraîchir et trouver le sommeil. Une "option moyenne" aux yeux de Jean-François Toussaint, à moins d’être "dirigé vers le bas du corps et pas directement sur les poumons". Au micro de RTL, le médecin conseille d’ailleurs de s’hydrater d’autant mieux la journée, "pour ne pas souffrir de déshydratation à cause du courant d’air créé par le ventilateur".

Quant à la climatisation, un écart trop important entre la température intérieure et extérieure peut avoir des conséquences néfastes sur les muqueuses. Mais aussi favoriser la possibilité de contracter un virus.

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