Que sait-on des réinfections au Covid-19?

Ils ont longtemps été marginaux dans la courte histoire de la pandémie de Covid-19. Mais depuis l'arrivée du variant Omicron, les cas de réinfections au virus sont de plus en plus fréquemment observés. Et les derniers sous-variants ne devraient pas arranger le problème.

Test Covid à Bruxelles
Un test Covid à Bruxelles, le 5 janvier 2022 @BelgaImage

Encore rares durant les premiers mois de la pandémie, plusieurs pays observent depuis quelques semaines une hausse des cas de réinfections au Covid-19. C’est le cas, notamment, de la France. Selon les dernières données disponibles au 12 juin, quelque 12% des cas positifs étaient des réinfections possibles. Entre le 2 mars 2021 et le 12 juin 2022, elles ne représentaient pourtant que 4% des cas confirmés chez nos voisins. Une hausse "continue depuis l’arrivée de la vague Omicron", selon Vincent Auvigne, épidémiologiste de Santé Publique France. Plus étonnant: près de la moitié de ces cas de réinfections (44%) concernaient, selon SPF, une contamination à un sous-variant d’Omicron après une première infection par un autre sous-variant d’Omicron.

La France n’est pas la seule à observer une hausse des réinfections. Les chiffres officiels écossais, rapportés par nos confrères du Monde, font état de près de 20% de réinfections parmi les cas positifs recensés entre le 27 juin et le 3 juillet. Elles ne représentaient encore que 13% des cas au début du mois de mai. Aux Etats-Unis aussi, comme le soulignent le quotidien français, cette part est en augmentation. 15% des cas détectés fin juin sont des réinfections, contre 11% début mai. Chez nos voisins, Santé Publique France s’attend même à ce que la fréquence des réinfections "continue d’augmenter dans les prochaines semaines".

Comment expliquer une telle hausse?

L’agence française de santé publique considère une réinfection possible quand une personne est déclarée positive à deux reprises à au moins deux mois d’intervalle.  Comme le soulignent nos confrères du quotidien français, de nombreux pays ont allégé, voire supprimé, les mesures sanitaires. Mais ce n’est pas tout. Les sous-variants BA.4. et BA.5. auraient joué un rôle dans le phénomène, avec une plus grande transmissibilité et ce qui semble être un plus grand échappement immunitaire. D’autant plus qu’un nouveau sous-variant d’Omicron, BA.2.75, se propage lentement mais sûrement. Et il fait craindre, lui aussi, un plus grand échappement immunitaire en raison de ses nombreuses mutations.

Cette hausse des réinfections pourrait aussi s’expliquer par la toute relative protection engendrée par une contamination à Omicron. Selon une étude de l’Imperial College of London parue dans la revue Science en juin, les infections survenues durant la première vague d’Omicron " ne protègent pas nécessairement contre BA.4. et BA.5 et les sous-variants ". "Être infecté par Omicron ne fournit pas un puissant coup de pouce à l’immunité contre la réinfection par Omicron à l’avenir", ajoute Rosemary Boyton, co-autrice de l’étude, dans les colonnes du British Medical Journal. Une conclusion qui s’appliquerait, selon Boyton, également aux sous-variants BA.4. et BA.5.

Omicron et ses sous-variants semblent ainsi avoir pesé dans cette accélération récente des réinfections. Santé publique France précise toutefois que la probabilité d’une réinfection "reste nettement plus élevée" après une première contamination par un autre variant (comme Alpha ou Delta).

Si les réinfections sont généralement moins symptomatiques et moins graves que les infections " primaires ", la chose n’est pas anodine pour autant. Selon une étude américaine publiée en juin dernier, et rapportée par le Time Magazine, les infections répétées pourraient augmenter les probabilités de développer des problèmes de santé post-Covid. Notamment le Covid long. Comme l’explique au Time le docteur Jeffrey Cohen, chef du laboratoire des maladies infectieuses au National Institute of Allergy and Infectious Disease, on ignore encore avec certitude s’il y a plus ou moins de chance de développer un Covid long après une seconde infection (comparé à la première). Mais des cas ont bien été documentés selon le spécialiste, qui insiste: "C’est certainement possible". Ajoutons enfin que les cas de réinfections présentent surtout un risque en matière de santé publique, à l’égard des personnes les plus fragiles mais aussi du risque de mutation d’un virus qui continue à circuler largement. Le mieux semble donc encore d’éviter, autant que possible, les réinfections.

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