224 cas de variole du singe en Belgique: "Le problème n’est pas maîtrisé"

Un total de 224 cas de variole du singe ont été détectés sur le territoire belge à ce jour. Soit 56 de plus que la semaine dernière. Une hausse notable qui interpelle le virologue Marc Van Ranst. Ce dernier appelle à accélérer la vaccination, à titre préventif, des groupes les plus exposés.

analyse
©Belgaimage

Un total de 224 cas confirmés de variole du singe ont été signalés à ce jour en Belgique, rapporte mercredi l’Institut de santé publique, Sciensano. La semaine dernière, le bilan était de 168 contaminations. Toutes les personnes porteuses connues du virus en Belgique sont des hommes, âgés de 20 à 65 ans: 125 en Flandre (55%), 64 à Bruxelles (34%) et 13 en Wallonie (11%). Presque tous les patients (93%) présentaient une éruption cutanée, et 72% d’entre eux présentaient également des symptômes généraux comme fièvre, malaise général et ganglions lymphatiques enflés.

Cette hausse soudaine (+56 cas en une semaine) a de quoi interpeller et inquiète d’ailleurs Marc Van Ranst. Si cette accélération peut, selon le virologue de la KULeuven, "s’expliquer en partie par une meilleure sensibilisation et une meilleure disponibilité des diagnostics, cela n’explique certainement pas tout". L’expert estime même que le problème n’est "pas maîtrisé". Il appelle à accélérer la vaccination, à titre préventif, "pour les groupes qui sont les plus exposés au risque d’infection". "Si l’épidémie se propage au reste de la population", ajoute Marc Van Ranst, "nous aurons manqué une chance de l’endiguer".

Le virologue déplore, à cet égard, une trop faible disponibilité des vaccins en Europe. "Des livraisons importantes sont destinées au Canada et aux Etats-Unis (où la variole du singe est présente mais dans une moindre mesure que dans de nombreux pays européens). Les vaccins ne doivent pas traîner inutilement dans les entrepôts des pays qui ne sont pas l’épicentre de l’épidémie, mais doivent être utilisés immédiatement pour contenir l’épidémie", insiste-t-il.

Jusqu’à présent, la maladie survenait principalement dans les régions forestières d’Afrique centrale et occidentale, avec des cas sporadiques dans d’autres pays liés à des voyages dans ces régions. Depuis le début du mois de mai 2022, cependant, la maladie s’est propagée en Europe et au-delà, les infections se produisant principalement chez les hommes ayant des contacts sexuels avec des hommes, mais pas exclusivement. La semaine dernière, le ministre de la Santé publique Frank Vandenbroucke a annoncé que les prestataires de soins et les personnes ayant eu un contact non protégé à haut risque avec une personne contaminée pouvaient se faire vacciner contre la variole du singe dès cette semaine. Cette vaccination doit idéalement avoir lieu dans les quatre jours suivant le contact.

Sur le même sujet
Plus d'actualité