Covid: BA.2.75, le nouveau sous-variant d’Omicron à surveiller de près?

L’Inde s’inquiète après la découverte d’un nouveau sous-variant d’Omicron. Pire que BA.5 ? BA.2.75 présente en tout cas 8 mutations favorables à sa transmission.

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Dans la famille d’Omicron, c’est le dernier né. Après BA.4 et BA.5 (qui est désormais dominant en Belgique), voici le sous-variant BA.2.75. Il a été essentiellement détecté dans plusieurs États en Inde, mais d’autres échantillons ont également été relevés, notamment en Australie, au Canada, en Nouvelle-Zélande, et plus proche de nous, en Allemagne.

Sur Twitter, le chercheur de l’Imperial College of London Tom Peacock, a déclaré que BA.2.75 devait être "gardé à l’œil"  notamment en raison des mutations "G446S"  et "R493Q", qui sont préoccupantes. Sa protéine Spike, clé d’entrée du virus dans les cellules, compte en effet huit nouvelles mutations, qui rendrait ce nouveau sous-variant encore plus transmissible que ses prédécesseurs.

Prochainement en Belgique?

"Ce qu’on peut dire à ce stade, c’est qu’il présente des mutations à des places importantes pour les anticorps, ce qui signifie qu’il provoquera certains échappements immunitaires, comme d’autres dans le passé, indiquait auprès de la DH le virologue Steven Van Gucht. Il se signalerait donc par une capacité assez nouvelle à infecter des personnes déjà infectées ou vaccinées. Pour autant, ce n’est pas toujours suffisant pour devenir dominant. Le variant doit être capable d’être contagieux et de se transmettre rapidement au sein de la population. C’est donc difficile d’évaluer cette caractéristique à ce stade et il n’est pas dit qu’il le devienne" .

Pour l’instant BA.2.75 n’a pas encore été observé en Belgique. Mais Steven Van Gucht n’excluait pas qu’il le soit "prochainement" .

Si les mutations du Sars-Cov-2 sont impitoyablement traquées par les scientifiques, c’est parce que l’augmentation de la circulation du virus, en plus d’occasionner in fine une plus grande pression sur les systèmes hospitaliers, peut provoquer une multiplication de variants. Avec la crainte ultime de voir débouler un "super" variant, à la fois plus virulent que Delta et plus contagieux que Omicron &co.

"Une évolution normale"

Pour autant, Steven Van Gucht semblait vouloir se montrer rassurant. "Ce qu’on voit aussi, c’est qu’il [BA.2.75, ndlr] montre des similarités avec le sous-variant BA.2. Ce n’est pas du tout surprenant et on en découvrira d’ailleurs d’autres. C’est comme ça que le virus continue à circuler. C’est une évolution normale. Ce qui est important, c’est de savoir si on est toujours bien protégé des complications et des formes sévères. En général, on a une assez bonne protection contre les hospitalisations sauf une petite partie de la population. Il faut donc évaluer la situation et étudier de près les nouveaux variants, mais pour le moment, nous n’avons pas suffisamment de données".

Et, comme ajoutait le virologue, la situation vaccinale et épidémiologique indienne est différente de la notre. "Le fait que ce sous-variant s’impose là-bas ne veut pas nécessairement dire qu’il sera dominant chez nous dans quelques semaines. D’ailleurs, le fait qu’il appartienne à la famille Omicron n’est pas forcément une mauvaise nouvelle, car on a beaucoup de données sur cette souche. On sera a priori moins surpris",concluait-il.

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