Ces polluants du quotidien qui nuisent à la fertilité masculine

Plastiques, dioxines et paracétamol se retrouvent parmi les substances les plus nuisibles à la qualité du sperme, selon une étude qui classe pour la première fois ces polluants du quotidien.

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Le déclin de la fertilité masculine est inquiétant. En moins de quarante ans, la concentration de sperme chez les hommes occidentaux a chuté de plus de 50%. Plusieurs facteurs sont mis en cause par les scientifiques, dont l’alimentation, le tabagisme, le stress, mais aussi certains produits chimiques présents dans notre quotidien.

Une étude s’est penchée récemment sur le rôle de ces produits chimiques courants et de leurs substances polluantes dans la détérioration de la qualité du sperme humain. Si ses conclusions consolident les craintes, elles soulèvent aussi l’idée que le cocktail de certaines molécules s’avèrent particulièrement inquiétant.

Le paracétamol est pointé du doigt

Pour la première fois, cette étude menée par des chercheurs danois et britanniques hiérarchise en effet les polluants les plus nuisibles à la qualité du sperme humain. Sans surprise, les plastiques remportent, de loin, la première place. Le bisphénol A (BPA) et ses succédanés (BPS, BPF) sont les substances les plus nocives, que l’on retrouve dans la fabrication d’équipements électroniques, d’emballages alimentaires, de peinture ou encore de vernis. Ils sont suivis des dioxines polychlorées et d’autres plastifiants (les phtalates, identifiés dans les emballages de produits ménagers et alimentaires), de certains parabènes et… du paracétamol, cet antalgique bien connu.

Des niveaux alarmants

Pour arriver à un tel constat, les chercheurs ont évalué "neuf substances chimiques contrôlées conjointement dans des échantillons d’urine de 98 jeunes hommes danois". Et les niveaux observés sont plutôt alarmants. Selon l’étude, publiée par la revue Environment International et citée par Le Monde, les mélanges de ces composés chimiques ont atteint un niveau médian d’exposition presque vingt fois supérieur au seuil de risque. Pour certains individus très exposés, le niveau est apparu 100 fois plus élevé que le seuil acceptable.

Malgré ce nouvel éclairage inquiétant, le flou demeure quant à la responsabilité précise de chacun des facteurs sociétaux et environnementaux dans le déclin de la fertilité masculine, rappelle Libération. Mais les auteurs de l’étude n’en restent pas moins catégoriques sur l’impact majeur des polluants analysés: "Notre évaluation des risques liés aux mélanges de substances chimiques qui affectent la santé reproductive masculine révèle des dépassements alarmants des expositions combinées acceptables, concluent les scientifiques dans leur article. En raison du manque de données auquel nous avons dû faire face, cette évaluation doit être considérée comme une estimation minimale du risque."

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