Covid: tous les indicateurs sont dans le rouge, devons-nous nous inquiéter ?

La barre des 1000 patients hospitalisés pour cause de COVID est franchie. Le taux de reproduction continue de grimper et de nombreux cas sont sans cesse reporté. Faut-il craindre une nouvelle vague ?

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Cette fois-ci, ce sont les variants BA.4 et BA.5, petits frères du variant Omicron qui règnent en maitre. Devenus majoritaires en Belgique, ils se propagent à grande vitesse. L’un bénéficierait de l’évasion immunitaire. C’est-à-dire qu’il est capable de percer la barrière d’une potentielle immunité (vaccinale ou acquise soit à la contraction de la maladie.). Si les indicateurs sont dans le rouge, faut-il pour autant s’inquiéter à l’aube de l’été ?

Une situation différente que l’été dernier

Dans une interview accordée à nos confrères de Sudinfo,  l’infectiologue Yves Van Laethem se montre méfiant . " Il échappe encore un peu plus à l’immunité. Il est plus contagieux. On n’est plus comme l’été passé avec de bons vieux variants qui faisaient de la marche à pied ", pointe-t-il.

Même son de cloche pour l’épidémiologiste Yves Coppieters, qui rappelle que ce variant du coronavirus n’est pas à prendre à la légère: " Avec BA.2, on avait une grosse angine. Avec BA.5, on observe une altération de l’état général. C’est une vraie grippe qui peut vous clouer au lit ", affirme-il. " D’autant plus alors que l’on constate un relâchement des mesures. Les citoyens ont l’impression que le virus est derrière nous et relâchent donc les gestes barrière basiques comme le lavage des mains ou le placement en quarantaine quand on est malade. "

Pas d’inquiétude à avoir

Cependant, les experts nuancent. La situation actuelle ne doit pas inquiéter. “Au Portugal, qui a connu une vaguelette générée par l’arrivée de la souche BA.5 d’Omicron au mois de mai, on a observé un reflux des cas dès le mois suivant, confie Yves Van Laethem. L’expérience vécue par ce pays, qui est dans une situation légèrement meilleure à notre pays en matière de vaccination, fait que le rebond actuel chez nous ne doit pas être source d’inquiétude.”

Yves Coppieters va un peu plus loin. “Il est vrai que les souches B4 et B5 sont plus contaminantes et bien plus infectieuses " confie-t-il. " D’autant plus alors que l’on constate un relâchement des mesures. Les citoyens ont l’impression que le virus est derrière nous et relâchent donc les gestes barrière basiques comme le lavage des mains ou le placement en quarantaine quand on est malade.”

Mais les saisons jouent en notre faveur étant donné les symptômes inhabituels à cette période de l’année que la maladie crée. “À l’exception de ceux qui souffrent de rhumes de foin ou d’allergies, il est anormal de souffrir d’un rhume en cette saison-ci, précise Van Laethem. Lorsque l’on a des symptômes, mieux vaut se mettre en quarantaine, reporter sa visite chez papy et mamy et ne pas hésiter à se faire tester.”

L’arrivée bienvenue de l’été

Selon Yves Van Laethem, le temps joue pour nous. “Les vacances commencent et les écoles ferment leurs portes. Il y aura donc moins de contacts chez les enfants, ce qui permettra d’atténuer la transmission. Il y aura bien des festivals et autres rassemblements qui pourraient augmenter la transmission mais l’épidémie devrait rester sous contrôle.”

Une fois l’automne revenu, la situation sera toute autre et les chiffres pourraient remonter. D’où l’importance d’une couverture vaccinale à jour. Avec son évasion immunitaire, rien ne prouve qu’une infection au variant Omicron protègerait contre la souche BA.5. “Le mieux est de recevoir un deuxième boost de rappel quand il sera lancé à l’automne”, estime Yves Van Laethem.

Pour Yves Coppieters, le calme relatif actuel ne devrait pas empêcher le gouvernement de prendre de l’avance et d’anticiper une hausse probable des contaminations à la rentrée et au retour des jours plus frais. " Il y a un certain immobilisme au sujet de la ventilation des lieux, comme les écoles par exemple, déplore-t-il. Or le gouvernement a un rôle crucial à jouer en la matière. Il doit dès aujourd’hui prendre ses responsabilités et ne pas attendre une nouvelle hausse des contaminations pour agir.”

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