Covid: que prévoient les experts pour la suite de l’épidémie?

Avec des chiffres épidémiologiques en hausse, les experts ont de nouveau été interrogés sur l'épidémie de Covid mais leur inquiétude est mesurée.

Représentation 3D du SARS-CoV-2
Représentation 3D du SARS-CoV-2 @BelgaImage

Cela commençait à faire longtemps mais aujourd’hui, les chiffres du Covid commencent à repartir à la hausse. Selon les dernières données de l’institut de santé Sciensano, les contaminations bondissent de 46% sur une moyenne hebdomadaire, les hospitalisations de 24% et les lits occupés en hôpital de 15%. Des indicateurs qui pourraient alerter les experts et pourtant, lorsqu’ils sont interrogés, ce n’est pas vraiment la panique. Il n’empêche, ils prônent la vigilance et cela les amène à faire des pronostics sur ce que nous réserve l’épidémie pour les semaines à venir.

Une "nouvelle vague" très relative

Interrogé par Het Laatste Nieuws, Marc Van Ranst confirme que l’on "peut certainement parler d’une nouvelle vague" pour qualifier les chiffres actuels du Covid-19 en Belgique. Ces derniers étaient en faible croissance depuis 3-4 semaines et la confirmation de cette tendance permet, en effet, d’envisager l’arrivée d’une vague estivale. Le quotidien flamand s’inquiète alors du nombre d’hospitalisations, qui correspond au code orange du baromètre sanitaire (abandonné depuis le 23 mai dernier). Mais Marc Van Ranst tempère. Les lits en soins intensifs, l’autre indicateur précédemment utilisé pour le baromètre, sont encore très peu nombreux à être occupés (58, loin des 300 du code orange) et ici, la tendance est encore à la baisse (-6%). Puis même à l’époque où les codes couleurs existaient, le passage d’une des deux données dans l’orange ne suffisait pas à abandonner l’alerte jaune. Très souvent, l’une et l’autre étaient dans des couleurs différentes, rappelle le virologue. Ici, c’est pareil.

Ça, c’est aujourd’hui, mais pour la suite? A priori, la vague va croître tout en restant bénigne. C’est ce qui vient par exemple de se passer au Portugal, que Marc Van Ranst prend pour exemple. Ce pays a vu une augmentation de ses indicateurs épidémiologiques jusqu’à fin mai-début juin, avant de voir déjà une décrue arriver. "Il y a plus d’hospitalisations, plus de patients en soins intensifs et malheureusement aussi plus de décès. Il faut vivre avec", constate le virologue tout en prodiguant quelques conseils. "Il pourrait être intelligent d’être plus vigilant et de porter à nouveau un masque buccal dans les transports en commun".

"Aucune raison d’avoir peur"

Marc Van Ranst ne se montre ainsi pas plus préoccupé que cela. "Il n’y a absolument aucune raison d’avoir peur ou de paniquer", déclare-t-il même à De Morgen, en ajoutant que les experts restent malgré tout sur le qui-vive, notamment en cas d’apparition de nouveaux variants. C’est d’ailleurs notamment sous l’influence des sous-variants d’Omicron BA4 et BA5 que la maladie regagne un peu en puissance en Europe.

Il n’empêche, le virologue Steven Van Gucht est sur la même ligne que son confrère en espérant une simple "vaguelette" pour l’été. L’infectiologue Yves Van Laethem va même encore plus loin. Son souhait, c’est qu’il soit même possible d’éviter une "vaguelette" similaire à celle portugaise. "Dans tous les cas, il n’y a pas de raison de penser que cette évolution à la hausse ait un impact significatif sur nos soins de santé", explique-t-il à la DH.

Autant Van Gucht que Van Laethem insistent juste pour qu’une prudence particulière soit portée envers les plus fragiles, notamment ceux âgés, par exemple avec une dose de vaccin. Ces personnes auraient également plus intérêt à porter le masque dans des lieux à risque. Pour le reste de la population, l’heure ne semble pas à la prise de nouvelles mesures. Rappelons également que l’été est une saison peu propice à l’émergence de grandes vagues de Covid (tout comme la grippe), les gens passant beaucoup plus de temps à l’extérieur.

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