Avec un rebond épidémique au Portugal, BA.4 et BA.5 menacent-ils notre été?

Le récent pic de contaminations au Portugal, que le pays doit au sous-variant BA.5, inquiète les autorités locales et pose question dans les autres pays. Une plus grande circulation de ce sous-variant, et de son cousin BA.4, pourrait-elle entraîner aussi une reprise de l'épidémie chez nous?

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Après deux ans de mesures sanitaires, un vent de liberté et d’insouciance souffle depuis quelques semaines sur la Belgique, et plus largement l’Europe. Nombreux sont les pays à avoir suspendu une bonne partie de leurs restrictions – voire la totalité pour certains – et le coronavirus semblerait presque derrière nous.
Et pourtant, certains commencent à s’inquiéter d’une nouvelle " vague " Covid. En cause: les derniers sous-variants d’Omicron, et plus particulièrement le BA.5. Détecté, avec le BA.4, en Afrique du Sud en fin 2021-début 2022, les deux sous-variants y ont provoqué une nouvelle vague d’infections en avril.

Et c’est désormais le Portugal qui connaît, depuis début mai, un pic de contaminations et de décès dus à ces sous-variants. Le BA.5 y est devenu majoritaire, une première en Europe. Ce mercredi 1er juin, le pays enregistrait près de 30.000 nouveaux cas en une journée et quelque 47 décès. Soit des chiffres proches de ceux de février. Et ce, alors que le masque est toujours obligatoire dans les transports en commun et que la météo est, actuellement, plutôt clémente.  Comme le rapportent nos confrères du Monde, les experts sont de plus en plus nombreux à plaider pour un retour du masque en intérieur dans le pays.

Un telle recrudescence de l’épidémie dans un pays européen fait, naturellement, craindre pour ses voisins. Les autorités sanitaires de différents pays s’attendent à ce que ces sous-variants (BA.4 et BA.5) deviennent majoritaires dans les prochaines semaines. En Allemagne, ils circulent également. Et le ministre allemand de la Santé, Karl Lauterbach, a déjà estimé qu’ils pourraient " devenir la prochaine vague à l’automne" .  En France aussi, les contaminations repartent à la hausse depuis plusieurs jours. Nos voisins recensent désormais plus de 25,000 nouveaux cas par jour, dont environ 15% concernent les deux nouveaux variants. Un début de rebond que l’agence Santé Publique France explique à la fois par la " moins bonne application des gestes barrières et l’impact de la diffusion de BA.4 et BA.5" .  Les experts de Santé publique France ont toutefois noté que l’expérience de l’Afrique du Sud et du Portugal était a priori rassurante, puisque ces deux pays n’ont pas connu de vagues massives d’hospitalisations et de décès. " A ce jour, il n’y a pas de signal qui laisse penser que BA.4 ou BA.5 sont plus sévères que les autres lignages d’Omicron" , a remarqué l’épidémiologiste Anna Maisa.

Et en Belgique ? 

Chez nous, pas de signe de reprise pour le moment. Tous les indicateurs de l’épidémie sont encore à la baisse. Moins d’un millier de patients se trouvent d’ailleurs à l’hôpital avec le Covid. BA.4 et BA.5. circulent déjà sur le territoire, mais ils restent minoritaires ( respectivement 4,1% et 7,5% des nouveaux cas selon les derniers chiffres). Les autorités sanitaires semblent toutefois s’attendre, ici aussi, à ce qu’ils deviennent dominants. " Ces nouveaux variants remplaceront probablement l’ancienne variante BA.2 dans les prochaines semaines" , estime ainsi Steven Van Gucht. Si le virologue de Sciensano dit s’attendre dans les colonnes de la DH, à une hausse des infections corrélée, " il est à ce stade improbable qu’ils causent des soucis sur nos soins de santé" .

A la mi-mai, le Centre européen de contrôle et de prévention des maladies (ECDC) avait classé BA.4 et BA.5 comme des sous-variants inquiétants. S’ils ne semblent pas être plus virulents, ils pourraient entraîner un plus grand échappement immunitaire. Comme le pointent nos confrères du Monde, le cas du Portugal pose toutefois question. Contrairement à d’autres pays européens, comme la France et la Belgique, le pays n’a pas connu de vague BA.2. " Est-ce que la vague BA.5 au Portugal est si importante parce qu’ils n’ont pas eu de vague BA.2 (…)? Et en conséquence, est-ce que la France, qui a eu une vague BA.2 sera mieux protégée face à l’arrivée de BA.4/BA.5?" , s’interrogeait dès lors Arnaud Fontanet, épidémiologiste, membre du conseil scientifique Covid-19 et directeur du département santé globale de l’Institut Pasteur, interrogé par le quotidien français.

Il reste toujours difficile de prédire l’évolution future de la pandémie mais le coronavirus semble encore décidé à ne pas dire son dernier mot.

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