Plus d’allergies au pollen à cause du Covid-19?

Si la hausse du nombre de personnes allergiques est un fait, l'influence du Covid-19 sur cette tendance fait débat.

Illustration d'une personne se mouchant
Illustration d’une personne se mouchant @BelgaImage

Comme chaque année en mai-juin, la saison de pollinisation des graminées reprend et on ne compte plus les personnes éternuant à répétition ou se frottant frénétiquement les yeux. Mais depuis 2020-2021, ils semblent plus nombreux. C’est ce qu’affirme par exemple le média Slate après avoir constaté une augmentation du nombre d’individus concernés au sein de sa propre rédaction. Une chronologie troublante puisque cela correspond à l’arrivée du Covid-19. Pour autant, ce lien de cause à effet est loin d’être aussi évident.

Plus de pollen à cause du confinement?

La réponse simple à cette question, ce serait a priori… que le Covid ne provoque pas de nouvelles allergies. C’est en tout cas ce qui répond l’allergologue Catherine Quéquet à Slate. Une allergie peut être provoquée par l’interaction de son bagage génétique avec l’environnement, les personnes prédisposées pouvant dans un premier temps développer des anticorps IgE (responsables de la réaction allergique) sans en ressentir les effets. Un processus qui peut prendre plusieurs années avant de se matérialiser par une série d’éternuements. Elle écarte aussi la possibilité que masques, gels hydroalcooliques et autres précautions d’hygiène soient tenus pour responsables. Cela ne colle pas avec le fonctionnement d’une allergie.

Le seul lien possible, ce serait que le Covid, ou plutôt les confinements, aient favorisé l’abandon d’opérations de défrichage. Les graminées ont par exemple pu pousser tranquillement dans des endroits inhabituels (bord des routes, terrains vagues, parcs…), d’où une augmentation de la concentration en pollen. Un cocktail parfait pour que des personnes prédisposées à devenir allergiques le deviennent effectivement au cours de ces deux dernières années. À noter d’ailleurs qu’en 2021, la concentration de pollen en Belgique a atteint par moments des sommets très importants, comme aux environs du 10 juin (plus de 270 grains/m3, bien au-dessus du seuil allergique de 50).

Est-ce que cet effet est réel? Les études manquent encore pour en être sûr. TF1 Info parvient lui aussi à la conclusion qu’il est "encore trop tôt pour dire si l’après-Covid favorisera les allergies". Il n’est seulement possible de dire qu’une infection au Covid-19 peut amplifier un peu les symptômes allergiques, mais seulement durant quelques semaines.

Une augmentation des allergies et une multitude de facteurs

Ce qui est certain, c’est que le nombre de personnes allergiques est globalement en hausse, pas depuis un ou deux ans mais depuis plusieurs décennies. Depuis les années 1970, leur nombre a triplé (passant de 5-10% à 20-30%). Pourquoi? D’après l’allergologue Sophie Silcret-Grieu, plusieurs facteurs peuvent l’expliquer.

Le réchauffement climatique joue un rôle en allongeant les périodes de pollinisation tout en augmentant la quantité de pollen dans l’air. Il amène également certaines espèces végétales à se déplacer, par exemple du Sud au Nord en Europe. La pollution abîme également les voies respiratoires et libère une quantité plus importante de particules allergisantes en réagissant avec le pollen. Autre élément pointé du doigt: la consommation de certains produits auparavant peu répandus mais allergisants pourrait amplifier le phénomène.

Enfin, que l’on se rassure: il n’est pas impossible que les personnes asthmatiques ne soient pas si sensibles au Covid-19, voire serait mieux armées contre la maladie, même si cela reste à confirmer. Devenu courant avec la crise sanitaire, le masque peut également servir de protection contre le pollen, à condition de respecter certains critères.

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