Variole du singe: l’OMS ne recommande pas une "vaccination massive"

L'OMS demande à ne pas se tromper de priorité avec la variole du singe et de ne pas «stigmatiser» les contaminés, la maladie pouvant toucher tout le monde.

Tedros Adhanom Ghebreyesus à Genève
Le directeur général de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus à Genève le 20 décembre 2021 @BelgaImage

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) ne recommande pas une "vaccination massive" contre la variole du singe. Mercredi à Genève, elle a appelé à davantage d’investissements sur la compréhension de la propagation du virus par les animaux.

Une vaccination "ciblée"

"Ce que nous voyons est une épidémie", a affirmé à la presse une spécialiste de ces questions à l’OMS, Rosamund Lewis. "Une épidémie peut être stoppée", a-t-elle insisté, alors que l’organisation ne redoute pas pour le moment que la situation se détériore en une pandémie. Selon cette responsable, l’OMS et les États membres sont prêts à vacciner grâce à leurs réserves. Mais l’approvisionnement est limité et l’organisation travaille avec les gouvernements et le secteur privé pour les étendre. Pour le moment, une vaccination doit rester "ciblée" sur les contacts des personnes infectées et sur le personnel de santé qui pourrait avoir à prendre en charge celles-ci.

Selon les derniers chiffres mentionnés mercredi par l’OMS, le nombre de cas confirmés atteint près de 560 dans une trentaine de pays. Selon les résultats préliminaires, les infections en Suisse ont été liées à celles dans plusieurs autres pays. Le directeur général de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus a appelé à ne pas "stigmatiser" les personnes qui ont été contaminées. La plupart des cas ont été identifiés dans la communauté homosexuelle. "Il y a pu avoir une propagation qui n’a pas été détectée pendant un certain temps", affirme par ailleurs le directeur général. Selon Mme Lewis, cette période pourrait même avoir atteint jusqu’à plusieurs années. Les investigations se poursuivent sur cette question.

"Chacun peut être infecté"

Mardi, l’OMS Europe avait averti que la propagation ne pourrait peut-être pas être entièrement contrôlée et avait mis en garde contre une augmentation du nombre de cas dans la région pendant l’été. "Chacun peut être infecté s’il a été en contact étroit avec une personne qui a été contaminée", a dit de son côté le directeur général. La variole du singe est une maladie infectieuse relayée à l’être humain par des animaux.

Le chef du programme d’urgence à l’OMS Michael Ryan demande aussi aux États membres davantage d’investissements pour saisir comment ces pathologies se propagent. Ceux-ci ont été insuffisants depuis dix ans, a-t-il ajouté. Chaque année, plusieurs milliers de cas de variole du singe sont observés dans les pays où elle est endémique, provoquant plusieurs décès. Même si l’attention se porte sur l’Europe, la situation dans ces États doit être tout autant ou même davantage surveillée, a ajouté une épidémiologiste de l’OMS, Maria Van Kerkhove.

Au total, l’incubation peut en général aller de 5 à 21 jours et les symptômes ressemblent, en moins grave, à ceux de la variole au cours des cinq premiers jours. Dans la plupart des infections, la situation se résout d’elle-même. L’OMS veut donner des indications auprès des groupes les plus exposés, empêcher davantage de propagation, améliorer la compréhension de la pathologie et protéger le personnel de santé.

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