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Les épidémies, c’est vraiment fini?

Les restrictions levées, l’été s’annonce enfin “normal”. Pour autant, la pandémie pourrait timidement redémarrer à l’automne. En attendant, la variole du singe est sur toutes les lèvres.

Lit hôpital Vivalia

Hôpital Vivalia. BELGA PHOTO

Le retour tant attendu de la “normale” est enfin là, exception faite dans les lieux de soins (hôpitaux, maisons de repos, pharmacies et cabinets médicaux). Ailleurs, plus aucun signe ne témoigne des deux ans de pandémie. Vous croiserez certainement encore des personnes avec un masque, ou vous le porterez vous-même, mais cela relève désormais du choix individuel. Le plus grand soulagement est probablement celui des usagers des transports en commun qui, en raison des grosses chaleurs, avaient parfois du mal à respirer. Ils peuvent enfin souffler. S’échanger des sourires. Qu’est-ce que ça fait du bien. Les gros hôpitaux comme le GHDC à Charleroi ou les cliniques universitaires comptent encore quelques dizaines de patients, mais la plupart des unités Covid ont fermé. Pour cause: leur contamination n’est plus dans la majorité des cas la cause première de leur hospitalisation. Pour l’équipe soignante, cela n’en demeure pas moins une organisation plus lourde puisque des mesures d’hygiène supplémentaires doivent être appliquées.

On pourrait et peut-être même devrait toutefois encore entendre parler de ce détestable virus d’ici la fin de l’année. Le porte-parole interfédéral de la lutte contre le Covid-19 Yves Van Laethem confirme certes la “dynamique descendante” des ­chiffres épidémiologiques, mais rappelle aussi que les Belges se font moins tester que par le passé. Bref, “on rate des infections”. De plus, la plupart des spécialistes s’accordent sur le fait qu’un variant fera certainement son retour à l’automne, au moment où l’on revit davantage à l’intérieur et qu’on aère moins les pièces.

Et si un nouveau variant apparaît?

Rien ne laisse cependant présager que ce variant sera virulent ni particulièrement contagieux. Si cela devait être le cas, les hôpitaux seraient-ils prêts? Le personnel répond, fataliste, par la positive, mais “avec pour conséquence une nouvelle hausse du nombre de burn out”, nous glisse une infirmière. La réalité est en effet peu réjouissante: il ­manque toujours 5.000 infirmières pour répondre aux normes légales d’encadrement des patients. Des normes qui ne répondraient d’ailleurs plus à la réalité de terrain ni à la méthode du “patient partenaire” prônée par la médecine moderne.

Certes, le gouvernement a investi 1 milliard d’euros depuis le début de la pandémie: 402 millions via le Fonds Blouses blanches et 600 millions pour la revalorisation salariale du personnel. Pourtant, le premier n’a pas encore permis d’embaucher un millier de membres hospitaliers, par manque de candidats sur le marché. Quant à ceux actuellement en fonction, ils résistent tant bien que mal dans ce climat tendu… 70 % du personnel infirmier est à risque (léger ou élevé) de burn out. Le dernier rapport du KCE, sorti vendredi dernier, se préoccupe en particulier du personnel des soins intensifs. 43,1 % présentent un risque élevé d’épuisement émotionnel et 20,2 %, un risque élevé de burn out. Il est grand temps de la soigner, cette épidémie-là…