Covid: le vaccin Pfizer efficace pour les moins de 5 ans avec trois doses

Les cas graves de Covid sont rares chez les moins de 5 ans mais les USA vont étudier l'autorisation des vaccins Pfizer et Moderna pour cette tranche d'âge.

Vaccin anti-Covid de Pfizer
Fioles du vaccin anti-Covid de Pfizer à Santiago (Chili), le 10 janvier 2022 @BelgaImage

Le vaccin anti-Covid de l’alliance Pfizer-BioNTech en trois doses est sûr et efficace pour les enfants âgés de six mois à cinq ans, ont indiqué lundi les deux entreprises, ouvrant la voie au dépôt prochain de demandes d’autorisation aux États-Unis et dans le monde.

Une efficacité élevée contre les cas symptomatiques

Lors d’essais cliniques, Pfizer-BioNTech a évalué l’efficacité de trois injections, administrées à raison de 3 microgrammes chacune, soit un dosage dix fois moins élevé que celui utilisé pour les adultes et adolescents. L’alliance a constaté que le vaccin provoquait une forte réponse immunitaire, comparable à celle provoquée par deux doses chez les 16-25 ans. Les effets secondaires étaient généralement légers, et le vaccin bien toléré. L’efficacité s’est élevée à 80,3% contre les cas symptomatiques de la maladie, selon une estimation préliminaire.

Les entreprises ont déclaré prévoir de commencer à déposer ces résultats auprès de l’Agence américaine des médicaments (FDA) cette semaine, avant de le faire également ailleurs dans le monde. La FDA a pour sa part déjà annoncé prévoir trois réunions en juin pour étudier l’autorisation du vaccin de Pfizer chez les enfants de moins de 5 ans, et de celui de Moderna pour les moins de 6 ans. Moderna avait déposé ses propres résultats d’essais cliniques fin avril, avec une efficacité contre les infections symptomatiques de 51% pour les bébés de 6 mois à 1 an, et de 37% pour les enfants de 2 à 5 ans.

Deux doses insuffisantes

Ces enfants les plus jeunes représentent la seule tranche d’âge à ne pas être encore éligible aux vaccins contre le coronavirus dans la plupart des pays. "Nous avons hâte de pouvoir finaliser nos dépôts de dossiers auprès des agences de régulation dans le monde, avec l’espoir de rendre ces vaccins disponibles pour les plus jeunes enfants aussi vite que possible", a commenté Albert Bourla, PDG de Pfizer, cité dans un communiqué. Les essais cliniques ont été menés à une période où le variant Omicron était dominant. Près de 1.680 enfants ont reçu les trois doses de vaccin, la troisième étant injectée au minimum deux mois après la deuxième.

Pour le moment, à partir d’une semaine après l’injection de la troisième dose, 10 cas d’infections ont été signalés. L’analyse complète d’efficacité sera arrêtée après que 21 cas auront été recensés. La FDA devait initialement évaluer le vaccin de Pfizer administré en deux doses en février. Mais avec un dosage de seulement 3 microgrammes par piqûre afin d’éviter au maximum les effets secondaires, la réponse immunitaire provoquée chez les 2 à 4 ans s’était alors révélée insuffisante. L’agence américaine avait ainsi demandé à voir les données portant sur une troisième injection.

Convaincre les parents

De nombreux parents attendent avec impatience la possibilité de vacciner leurs très jeunes enfants. Mais les autorités sanitaires seront également confrontées à un grand scepticisme de la part d’autres. Les taux de vaccinations sont déjà bien plus faibles chez les mineurs que les adultes. Selon un sondage de la fondation Kaiser Family début mai, seulement un parent d’un enfant de moins de 5 ans sur cinq (18%) dit qu’il le vaccinera dès qu’une autorisation sera accordée. Quelque 38% disent qu’ils attendront avant de le faire, et le reste qu’ils ne le feront pas, ou seulement si exigé.

Des soucis de santé graves liés au Covid-19 sont rares chez les moins de cinq ans. Aux États-Unis, 477 décès ont été enregistrés dans cette tranche d’âge depuis le début de la pandémie, soit environ 0,1% de tous les décès. Toutefois, comme les adultes, certains enfants ayant été infectés par le coronavirus peuvent développer un Covid long. Ils peuvent par ailleurs développer des cas graves de syndrome inflammatoire multisystémique pédiatrique (MIS-C), comme cela a été le cas d’environ 8.200 enfants aux Etats-Unis.

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