Les reins à greffer mieux conservés grâce à une technique belge

Des chercheurs belges ont développé une méthode novatrice pour préserver les greffons rénaux, considérés à haut risque.

Greffons rénaux
Une greffe du rein. (@Belga Image)

Une méthode novatrice de préservation des greffons rénaux, de plus en plus souvent considérés comme à haut risque, a été développée en Belgique via une technique alternative d’oxygénation. C’est ce que signalent mardi le Centre de transplantation des Cliniques Saint-Luc et l’Institut de recherche expérimentale et clinique de l’UCLouvain, à l’origine de cette première mondiale. Deux receveurs de rein en ont bénéficié en mars dernier.

Actuellement, la transplantation rénale souffre d’un déséquilibre considérable entre les personnes inscrites en liste d’attente et le nombre d’organes disponibles, expliquent l’hôpital et l’université. Le nombre de jeunes donneurs a en effet considérablement diminué ces dernières décennies, notamment grâce à l’amélioration de la sécurité routière et des soins dans les services d’urgences et de soins intensifs.

Il est dès lors encore nécessaire d’employer de plus en plus de reins considérés comme à "haut risque", venant par exemple de donneurs à cœur non-battant en arrêt circulatoire irréversible ou en état de mort cérébrale âgés de 50 à 60 ans avec certaines comorbidités associées.

Depuis les années 60, la méthode classique de préservation consiste à placer les greffons dans un caisson contenant une solution froide. Les 20 dernières années ont vu l’émergence de machines permettant une perfusion permanente de l’organe (en condition froide), ce qui améliore sensiblement la fonction rénale après transplantation tout en diminuant la nécessité de dialyses. Les coûts associés à ces machines demeurent toutefois très élevés, expliquent les Cliniques Saint-Luc et l’UCLouvain.

Les chercheurs belges ont développé une technique alternative (et moins coûteuse) d’oxygénation appliquée sur une machine. Ils y ont ajouté une connexion pour pré-oxygéner le réservoir contenant le liquide de préservation. Une fois le rein connecté et perfusé, la machine continue d’oxygéner uniquement la surface du liquide. Par diffusion, l’oxygène pénètre dans le tissu du rein et améliore sa préservation et son état métabolique.

En mars, deux patients ont bénéficié avec succès d’une transplantation de reins de donneur à cœur non battant et préservés par cette nouvelle technique. La fonction du greffon des deux receveurs est excellente et aucune dialyse n’est nécessaire après la transplantation, se félicitent l’hôpital et l’université néo-louvaniste.

Une trentaine de centres de transplantation dans le monde vont commencer à utiliser cette technique dans leur programme.

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