Covid: comment évoluera l’épidémie en Belgique?

Si la situation sanitaire reste calme pour l'instant, le variant Omicron pourrait réserver quelques surprises par la suite.

Représentation 3D du coronavirus
Représentation 3D du coronavirus du Covid-19 @BelgaImage

C’est reparti pour un tour? Après la "vaguelette" de mars-avril, les cas de Covid-19 repartent à nouveau à la hausse, selon les chiffres révélés ce vendredi 29 avril par l’institut de santé Sciensano. Il en ressort que cette augmentation est de 7%. Un constat pas trop alarmant vu que les autres indicateurs sont tous en baisse. Pour autant, deux sous-variants, devenus récemment majoritaires en Afrique du Sud, laissent planer la possibilité d’une réelle reprise.

Des "variants d’intérêt"

Ces deux nouveaux-venus, ce sont des déclinaisons d’Omicron, BA.4 et BA.5. En Afrique du Sud, ils ont commencé à percer dès début mars 2022. Aujourd’hui, ils représentent plus de 70% des cas de coronavirus. En parallèle de ce phénomène, ces derniers jours ont été marqués par une reprise de l’épidémie dans le pays. Pour l’instant, elle reste bien en-deçà des chiffres des vagues précédentes, mais il se peut qu’on n’en soit qu’au début.

En Belgique, 8 cas de BA.4 ont pour l’heure été recensés par la plateforme des variations génomiques GISAID. Cinq d’entre eux ont été repérés en région bruxelloise. Les trois autres se situaient au Limbourg, dans le Hainaut et le Brabant wallon. Sur Twitter, le microbiologiste de la KULeuven Emmanuel André en conclut que BA.4 et BA.5 pourraient circuler "à bas bruit" hors d’Afrique, y compris chez nous.

"On est prêts à réagir"

Est-ce qu’il faut s’en inquiéter? Pour l’instant, l’OMS les classe comme étant des "variant d’intérêt", étape préalable mais pas automatique avant une éventuelle redénomination en "variants préoccupants". "On ne peut pas encore prédire précisément l’impact pour les pays Européens, mais tout le monde y travaille", conclut pour sa part Emmanuel André. L’épidémiologiste français Antoine Flahault n’hésite pas pour sa part à évoquer une reprise possible de l’épidémie. "Sachant que démarre une nouvelle vague BA.4 et BA.5 en Afrique du Sud actuellement, doit-on anticiper un rebond en Europe dès la mi-juin?", demande-t-il. Pour l’instant, impossible de répondre à cette question. Une chose est sûre: les épidémiologistes vont regarder de très près la situation en Afrique, comme lors de l’apparition d’Omicron.

En attendant, le virologue Yves Van Laethem ne se montre pas vraiment inquiet quant à la circulation d’Omicron sans mesures sanitaires fortes. "Je pense que l’on ne peut pas faire autrement parce que le variant n’est pas suffisamment dangereux en lui-même pour bloquer la société avec les dégâts économiques, psychiques et autres que l’on a pu constater", explique-t-il à la RTBF. Il estime aussi qu’il est "impossible d’avoir une politique de testing aussi intense que celle d’application il y a quelques mois", notamment au vu de la "fatigue du pays". Pour juger de l’état de l’épidémie, se fier aux autres données comme le nombre des hospitalisations "suffit" à combler ce manque.

Est-ce que la Belgique est néanmoins prête en cas de nouvelle vague? "Les plans sont là. Et on espère que ces plans-ci seront plus rapidement d’application et efficaces que ceux que nous avions il y a deux ans. On est prêts à réagir", assure le virologue. Il rappelle également que les modèles continuent de montrer un "horizon calme, au moins jusque l’été". Impossible de savoir ce qu’il en serait après. Il faudra cependant voir ce qu’il en sera dans la prochaine actualisation de ces mêmes modèles, créés par le consortium SIMID. Le dernier en date remonte à février, soit avant l’apparition des sous-variants BA.4 et BA.5.

Ce qui est sûr, c’est que dans tous les cas, le Covid-19 ne s’apparente toujours pas à une maladie bénigne, bien que le nombre de décès reste relativement bas (environ 18 par jour). "On n’est pas dans une situation comme la grippe, où elle disparaît pendant quelques mois. On a toujours un bruit de fond. C’est trop tôt pour dire que le coronavirus est comme une grippe, il faut encore quelques mois au moins", juge Yves Van Laethem.

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