Le cancer du cerveau, aussi rare que difficile à soigner

Comme Christopher Stone, le mari de Sophie Wilmès, près de 800 personnes en Belgique luttent chaque année contre le cancer du cerveau. Ce tueur insidieux est l’un des cancers les plus difficiles à soigner.

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La vice-première ministre Sophie Wilmès a annoncé que son mari luttait contre un cancer du cerveau@BELGAIMAGE

Jeudi, Sophie Wilmès annonçait se mettre en congé de ses fonctions de vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères pour une durée indéterminée. Son mari, Christopher Stone, entame en effet "comme beaucoup d’autres trop d’hommes, de femmes et même d’enfants – son combat contre un cancer agressif du cerveau", indiquait la libérale.

Comme le précise la Fondation contre le cancer, le "cancer du cerveau" est un terme générique, qui désigne de nombres sortes de tumeurs du cerveau, qu’elles soient bénignes ou malignes. Ces tumeurs y prennent naissance, contrairement à d’autres cancers qui partent d’un autre organe et qui, ensuite, produisent des métastases migrant vers la boite crânienne.

Une des tumeurs les plus courantes est le glioblastome ; particulièrement agressive, elle s’attaque au système nerveux central. Il existe également les méningiomes-qui ciblent les méninges- et les astrocytomes.

Un des rares cancers chez l’enfant

Ces différents cancers du cerveau restent heureusement très rares. En Belgique, le registre du Cancer enregistre environ 800 nouveaux cas par an. L’incidence est un peu plus élevée chez les hommes que chez les femmes. C’est aussi l’un des rares cancers à se développer dès l’enfance ; les tumeurs cérébrales sont, après la leucémie, le deuxième cancer infantile le plus fréquent.

Chez nous, on ne pratique pas de dépistage systématique du cancer de cerveau. "Un dépistage systématique ne serait pas pertinent car la maladie est rare, expliquait à la DH l’oncologue médical Nicolas Wenham.  La probabilité de trouver une tumeur chez une personne asymptomatique est donc extrêmement faible. Faire des IRM à toute la population tous les trois ou six mois ne serait pas utile. Et en plus, rien ne dit qu’une détection précoce puisse avoir une influence positive sur le pronostic vital".

Taux de survie de 36% dans les 5 ans

Insidieux, les cancers du cerveau peuvent entraîner des troubles dépendant de la localisation de tumeur. Maux de tête, vomissements, crises d’épilepsie… les symptômes ne sont pas toujours faciles à rapprocher de la maladie et n’alertent pas toujours les patients rapidement. Ces tumeurs nécessitent une prise en charge multidisciplinaire, entre neurochirurgie, oncologie et radiologie.

Opérer le cerveau sans toucher de zones vitales rend plus compliqué les traitements : c’est de fait l’un des cancers les plus difficiles à soigner. La Fondation contre le cancer estime ainsi que le taux global de survie à 5 ans, tous types, stades et âges confondus, est de 36 %.

"Les possibilités de guérison vont être très variables d’une personne à l’autre, selon le type de tumeur et sa localisation, précisait au Soir le docteur Véronique Le Ray, directrice médicale à la Fondation. Dans certains cas, on peut directement opérer pour retirer la tumeur entièrement, dans d’autres, on doit d’abord la faire diminuer avant l’opération ou utiliser la radiothérapie quand on ne peut pas l’atteindre autrement".

La médecine a fait quelques avancées dans le domaine. Des chercheurs belges à la tête de la recherche ont d’ailleurs récemment publié une étude pleine de promesses dans la revue Science. Les scientifiques du Neuroscience Institute de l’ULB ont documenté l’effet positif d’une molécule sur les glioblastomes. Mais la mise au point éventuelle d’un médicament ne devrait pas avoir lieu avant des années.

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