Mystérieuse hépatite infantile: quels sont les premiers signes?

Plusieurs cas d'hépatite aiguë, dont l'origine est inconnue, ont été recensés dans différents pays d'Europe. De quoi inquiéter les autorités sanitaires et les parents.

Mystérieuse hépatite infantile: quels sont les premiers signes?
© Belga Image

Une mystérieuse maladie infantile inquiète les autorités sanitaires. Elle a d’abord été identifiée au Royaume-Uni. Des enfants souffraient d’hépatite (inflammation du foie) dont l’origine est inconnue. Plusieurs cas de la même maladie ont ensuite enregistrés chez des enfants de plusieurs pays d’Europe (Espagne, Danemark, Irlande et Pays-Bas). Des cas suspects ont aussi été identifiés chez des jeunes enfants aux Etats-Unis, dans l’Alabama.

De quoi lancer une enquête de l’Organisation mondiale de la Santé sur ces dizaines de cas recensés, en collaboration avec le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies. Chez nos voisins français, le lancement d’une recherche " active des cas ", a permis de mettre en lumière le signalement de deux cas d’hépatite aiguë dont l’étiologie est encore indéterminée chez des enfants de moins de 10 ans.Les deux cas sont en cours d’investigation selon l’Agence Santé publique France.

Que sait-on? 

A ce stade, on sait encore peu de choses sur la maladie. Les virus de l’hépatite habituels (de A à E) n’ont pas été détectés chez les enfants touchés, son origine restant donc inconnue. Les enquêteurs britanniques considèrent toutefois " qu’une cause infectieuse est la plus probable du fait des caractéristiques cliniques et épidémiologiques des cas ". Les chercheurs ont remarqué la présence d’adénovirus, à l’origine de rhumes ou d’infections respiratoires, chez plusieurs enfants contaminés. L’hypothèse d’une infection au coronavirus est également étudiée, le virus ayant lui aussi été retrouvé chez plusieurs enfants infectés. Mais le rôle de ses virus dans le développement de la maladie " n’est pas encore clair ", précisait l’OMS. Parmi les causes évoquées: une exposition toxique à des aliments, des boissons ou des jouets, des facteurs environnementaux, des voyages ou encore des intoxications médicamenteuses. Aucun lien n’a été trouvé à ce jour avec l’un des vaccins contre le coronavirus. 

Et en Belgique? 

Il n’y a, pour le moment, "pas encore de cas recensés en Belgique", selon le virologue Steven Van Gucht, interrogé par nos confrères de la Dernière heure. "Ce sont des cas assez rares et les conditions le sont tout autant. Actuellement il n’y pas encore de cause commune entre les différents cas mais nous sommes en alerte et en état de vigilance".

Doit-on alors s’attendre à des contaminations dans les prochains jours, les prochaines semaines? "Cela ne m’étonnerait pas", répond le virologue à nos confrères. "On va donc mener différentes recherches. C’est la règle quand on lance une alerte de la sorte". Steven Van Gucht rappelle d’ailleurs qu’à ce stade des recherches, il n’y a pas de lien direct avec le Covid ni avec le vaccin anti-Covid. "C’est vraiment inconnu". Il appelle aussi à la prudence quant au lien avec l’adénovirus. "Il faut faire attention car c’est un virus très fréquent chez les enfants, on ne sait pas si c’est significatif ou non. (…) A ce stade, les pédiatres doivent se montrer très vigilants et faire remonter le moindre cas". 

Les premiers signes

Une première liste de symptômes a été établie par l’agence de sécurité sanitaire du Royaume-Uni (UKHSA). Les patients touchés peuvent ainsi observer une urine foncée, une jaunisse, ou des démangeaisons cutanées. Ils peuvent souffrir de douleurs musculaires et articulaires, mais aussi abdominales, de diarrhée, de vomissements; de fièvre (température élevée), d’une fatigue anormale ou d’une perte d’appétit.

Aucun décès n’est, heureusement, à déplorer à ce jour. Mais certains cas sont ou ont été graves. Des patients ont, en effet, dû être transférés vers un service spécialisé dans les maladies du foie et certains ont dû subir une transplantation hépatique. 

"Si l’OMS s’en inquiète, c’est parce qu’elle semble assez contagieuse", explique le docteur Xavier Stephenne, chef de service en gastro-entérologie et en hépatologie pédiatrique aux cliniques universitaires Saint-Luc, interrogé par nos confrères de Sudinfo. 

Comment l’éviter? Les autorités sanitaires insistent en tout cas sur l’importance d’une bonne hygiène. " Des mesures d’hygiène normales aident beaucoup à réduire des infections comme celles sur lesquelles nous enquêtons actuellement ", rappelle à cet égard Meera Chand, de l’agence britannique de sécurité alimentaire (UKHSA), par communiqué. L’origine de la maladie étant inconnue, il est toutefois difficile de déterminer ses modes de transmission.  L’Agence appelle, en tout cas, parents et gardes d’enfants à être attentifs aux signes d’hépatite. "Et de contacter un professionnel de santé s’ils sont inquiets".  

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