Covid-19: quel impact pour les 2 nouveaux sous-variants d’Omicron ?

L'OMS a mis sous haute surveillance les nouveaux sous-variants BA.4 et BA.5, qui pourraient être plus contagieux que les précédentes souches. Quel pourrait être leur impact sur l'épidémie de Covid en Belgique?

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Lundi, les virologues de la KU Leuven Marc Van Ranst et Piet Maes indiquaient qu’un cas de la nouvelle version du variant omicron, baptisée BA.4, avait été détecté en Belgique. L’autre souche apparue récemment, BA.5 n’a pour l’instant pas été décelée chez nous. Une situation épidémiologique potentiellement sous-estimée, vu la politique de testing (on teste moins qu’auparavant).

L’Afrique du Sud, le Botswana, l’Allemagne, le Danemark et le Royaume-Uni comptent déjà tous des cas de BA.4 et BA.5. "Les virus accumulent les mutations, c’est ce qu’ils font toujours. De nouvelles versions feront encore surface", a souligné Marc Van Ranst, qui a dit "préférer les subversions d’omicron qu’un tout nouveau variant". Mais quel pourrait-être à terme l’impact de ces deux nouveaux sous-variants sur l’évolution de l’épidémie en Belgique ?

Encore plus contagieux

Pour Tom Wenseleers, biostatisticien à la KU Leuven, interrogé par La Libre, il faudra attendre probablement deux mois environ avant que les deux nouveaux rejetons d’Omicron ne prennent vraiment leur aise chez nous et commencent à avoir des effets notables. "Ce qui ressort clairement des données, c’est qu’en Afrique du Sud, les variantes BA.4 et BA.5 prennent rapidement le relais de l’ancienne variante BA.2 Omicron – en seulement deux mois, elles finissent maintenant par provoquer la majorité de toutes les nouvelles infections là-bas", indique-t-il.

Ces nouvelles souches infecteraient en moyenne deux fois plus de personne par semaine que le variant BA.2, qui lui-même était plus contagieux que la version originale d’Omicron. "Nous parlons donc d’un avantage assez important, et à partir de là, on pourrait s’attendre à ce que ces variants provoquent au moins une petite nouvelle vague d’infections. Il est encore trop tôt pour déduire exactement l’ampleur de cette vague ou son impact potentiel sur le système de santé".

À première vue, il n’y a par contre aucune raison de penser que BA.4 et BA.5 soient plus virulents, expliquait le biostatisticien, qui n’excluait toutefois pas totalement une "vague de réinfections" si l’avantage de ces nouvelles souches sur BA.2 reposait sur l’évasion immunitaire et que les vaccins soient moins efficaces contre celles-ci.

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