Comment mieux anticiper les allergies

Adapter ses habitudes quotidiennes en fonction de l’arrivée des allergies saisonnières permet d’en diminuer considérablement les effets. Les conseils des experts.

allergie au pollen
Plus il fera chaud, sec et venteux, plus les conditions seront optimales pour le transport du pollen dans l’air. © Adobe Stock

Dans les allergies saisonnières, on distingue deux principaux vecteurs: les bouleaux et les graminées. En Belgique, le pollen de bouleau est présent de fin mars à début mai. Les graminées font quant à elles leur apparition début mai jusqu’à la fin juillet. Pour la population particulièrement sensible, il importe dès lors de bien anticiper ces périodes.

Les responsables

Cette famille de plantes herbacées regroupe plus d’une centaine d’espèces qui ne fleurissent pas toutes en même temps”, explique Nicolas Bruffaerts, responsable de l’unité Aérobiologie chez ­Sciensano. Pourtant, il ne faut pas attendre mars pour le lancement de la “saison pollinique”. En cause? D’autres allergisants, de moindre envergure, comme l’aulne et le noisetier. Des arbres qui fleurissent très tôt, avant même l’apparition des feuilles. “C’est leur stratégie pour émettre sans entrave le pollen dans l’air.

Les facteurs-clés: localisation et météo

Vivre dans certaines régions du pays peut être plus problématique pour les personnes sensibles au pollen. Par exemple, des études ont démontré que le nord-est de la Belgique est plus chargé en pollen de bouleau tandis qu’on observe de ­grosses émissions en pollen de graminées au sud-est du pays. L’intensité des symptômes est liée au degré de l’exposition aux allergènes et celle-ci est impactée par les conditions météo. Plus il fera chaud, sec et venteux, plus les conditions seront optimales pour le transport du pollen dans l’air. Notons encore que la quantité de pollen est ­tributaire de chaque espèce et de son propre cycle de production. Une année riche en pollen de bouleau ne le sera pas forcément pour les autres arbres.

Prévenir, c’est presque guérir

Difficile d’échapper aux différentes vagues de ­pollens. Éliminer les potentiels allergènes à son domicile peut améliorer la situation, souligne Nicolas Bruffaerts, “en haute saison, l’exposition est inéluctable. Nous sommes confrontés à des nuages qui peuvent certains jours comporter plusieurs milliers de grains par m³ d’air”. Pour diminuer l’intensité des symptômes, il faut adopter quelques ­routines. Les masques que nous avons portés pendant la crise sanitaire en limitent l’impact sans protéger totalement. N’oubliez pas de vous laver les mains régulièrement, ne touchez pas vos yeux et évitez les efforts physiques à l’extérieur. Si vous vous baladez à vélo ou faites du running, utilisez des lunettes de soleil, spécialement quand vous faites face au vent. En voiture, coupez la ventilation et fermez les fenêtres. À la maison, aérez quand les concentrations de pollen sont les moins fortes, idéalement à l’aube, moment le plus froid et le plus humide. Enfin, évitez l’auto-exposition et lavez régulièrement ces véritables pièges à ­pollen que sont les cheveux et vêtements (à faire sécher à l’intérieur).

S’informer et anticiper

Pour les personnes les plus sensibles qui veulent anticiper la prise d’éventuels médicaments, il est recommandé de se renseigner quotidiennement sur la qualité biologique de l’air extérieur. Des informations sont disponibles sur le site Air­Allergy et sur son application gratuite, mis à jour quotidiennement par Sciensano. “Pour ­chaque type de pollen allergisant, nous réalisons des mesures dans les cinq stations du réseau (une à Bruxelles, deux en Flandre et deux en Wallonie). Après un échantillonnage de 24 heures, l’analyse est réalisée en laboratoire où un technicien observe manuellement chaque grain au microscope, l’identifie et calcule ensuite les concentrations.” D’autres applications existent pour les smartphones, comme Alerte Pollen où on apprécie la facilité de géolocalisation et la possibilité d’indiquer nos allergies pour filtrer uniquement les résultats qui nous concernent. Mais la prudence est de mise: la plupart ne sont pas réellement fiables, n’étant pas basées sur des mesures standardisées.

Éternuer toute l’année

Pas liées à une saison, les allergies dites perannuelles sont provoquées par des allergènes présents dans notre environnement de manière constante. On en dénombre trois principales qui provoquent essentiellement des symptômes nasaux: celles aux acariens (présents dans le linge de lit, les tapis, les peluches), celles aux moisissures (essentiellement dans les pièces humides et ­sombres) et celles aux poils des animaux domestiques. Les poussières quant à elles ne sont que de simples vecteurs: les particules fines inorganiques ne sont pas allergisantes, mais elles peuvent être associées à des allergènes.

Ces allergies perannuelles sont légèrement plus prononcées en hiver, mais leur intensité peut être réduite par quelques gestes de prévention. En premier lieu, une bonne aération (30 minutes le matin, c’est l’idéal), un ménage régulier (attention à l’usage intensif des détergents chimiques, facteurs irritants pour les voies respiratoires), un éventuel cloisonnement des animaux à certaines pièces, un nettoyage ponctuel de la literie. En ce qui concerne les moisissures des espaces intérieurs, il est intéressant de faire analyser une contamination si votre médecin la suspecte d’être la cause de vos symptômes: “Sciensano collabore avec les Régions et avec les SAMI (Services provinciaux d’analyse des milieux intérieurs) pour faire des enquêtes à domicile et des prélèvements de moisissures qui sont ensuite analysées en laboratoire”.

Retrouvez notre dossier de la semaine Lutter contre les allergies

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