La moitié de l’humanité souffre de maux de tête: comment y remédier?

Chaque année, une personne sur deux a mal à la tête. Des pathologies semblables mais différentes, d'où la multitude de réponses à y apporter.

Illustration des maux de tête
Illustration des maux de tête @BelgaImage

Ce mardi 12 avril, le "Journal of Headache and Pain" a publié une étude à l’ampleur inédite sur les maux de tête. Il en ressort notamment que 52% de la population mondiale est concernée chaque année. Un chiffre qui cache des pathologies diverses. 26% décrivent ainsi une céphalée de tension, 14% une migraine et 4,6% des maux de tête qui surviennent plus de 15 jours par mois. Pour arriver à ce résultat, des scientifiques de l’Université norvégienne de science et de technologie (NTNU) ont croisé 357 recherches réalisées entre 1961 et 2020. Une énorme quantité de données qui permet de faire une analyse particulièrement fine du phénomène.

Des nuances en fonction du sexe et de l’âge

L’étude du NTNU arrive ainsi à la conclusion que chaque jour, 15,8% de la population mondiale souffre de maux de tête, autrement dit une personne sur six. Sur une année, ces douleurs sont cependant plus fréquentes chez les femmes (57,8%) comparé à la gente masculine (44,4%). Comme le note le professeur de neurologie de la NTNU Jacob Stovner, cité par le Parisien, "cela a probablement à voir avec les hormones sexuelles féminines, et en particulier les fluctuations des œstrogènes. De plus, la situation de vie des femmes peut jouer un rôle". La migraine "peut survenir chez les jeunes enfants, mais devient beaucoup plus fréquente après la puberté et est plus fréquente chez les adultes jeunes et d’âge moyen, en particulier chez les femmes. Après 60 ans, elle a tendance à être moins répandue, mais certains peuvent l’avoir jusqu’à un âge avancé".

Autre élément d’information: il semble qu’il y ait de plus en plus de céphalées au fil du temps, même si cela reste incertain. Reste que cela amène les auteurs à évoquer des causes peu prises en compte par les scientifiques (stress, génétique, pollution, environnement, etc.).

Problèmes différents, traitements différents

Il faut néanmoins garder à l’esprit que derrière les maux de tête, il faut distinguer plusieurs pathologies de nature différentes. Il existe notamment une distinction nette entre les céphalées de tension et les migraines, comme l’a expliqué à France 5 la neurologue Carole Sereni. "Une céphalée est juste un mal de tête. Il peut y avoir plein de raisons (choc, etc.) mais une céphalée peut aussi intervenir sans raison. La migraine en revanche est une maladie, une vraie maladie qui se manifeste par la répétition des crises […]. La douleur de la migraine est une douleur forte, elle est gênante et elle s’accompagne soit de photophonophobie, c’est-à-dire qu’on est gêné par la lumière et par le bruit et souvent par les odeurs aussi, soit de nausées et de vomissements, ou soit des deux malheureusement".

Cette différence est essentielle parce qu’elle va déterminer ce qu’il faut faire ou pas pour aider les personnes concernées. Pour une céphalée de tension, la médecin généraliste Charlotte d’Huart indique à la RTBF qu’il faut d’abord avoir le diagnostic formel de son médecin-traitant. Suivent plusieurs options de traitement: les antalgiques, la sophrologie, etc., ou encore boire simplement plus d’eau. Pour les migraines, il existe surtout deux grands types de traitement, comme l’expose à RTL le neurologue Jérôme Mawet: les anti-inflammatoires et les triptans. L’oxygénothérapie est parfois pratique. Enfin, des solutions prometteuses font actuellement l’objet de recherches universitaires, comme les anticorps monoclonaux anti-CGRP (peptide relié au gène de la calcitonine).

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