Coronavirus: que sait-on du nouveau variant XE ?

Un nouveau variant du coronavirus a été détecté dans plusieurs pays, dont certains ont levé leurs restrictions. Baptisé XE, il a été placé sous surveillance par les autorités sanitaires.

test pour dépister le covid-19
@ BelgaImage

Alors qu’Omicron domine largement sur l’ensemble de la planète, un nouveau variant du Covid-19 a été détecté au Royaume-Uni. Baptisé "XE", il s’agit d’un variant "recombinant", soit issu d’un mélange entre deux variants existants. En l’occurence, dans le cas de XE, la combinaison tient des sous-variants d’Omicron BA.1 et BA.2.

Détecté il y a plusieurs semaines

Il a été officiellement détecté pour la première fois par les autorités sanitaires britanniques, le 19 janvier dernier. Depuis lors, plus de 1100 cas ont été recensés dans le pays selon la dernière mise à jour datée du 5 avril.

Mais il ne circule pas qu’au Royaume-Uni. Comme le rapportent nos confrères de TF1, le variant " XE " a été détecté en Finlande, en Thaïlande et en Israël. Plus récemment, l’agence Bloomberg a fait état d’un cas recensé le 6 avril dernier en Inde, à Mumbai, la ville la plus peuplée du pays.

Son caractère " recombinant " n’est pas un phénomène nouveau. Il avait déjà été observé avec le variant " Deltacron ". Concrètement, il se produit lorsqu’un individu est contaminé par deux variants au même moment. Le phénomène n’a rien d’inhabituel en soi, comme l’explique Susan Hopkins, conseillère médicale en chef de la UJ Health Security Agency. " En particulier lorsqu’il y a plusieurs variants en circulation et plusieurs variants (recombinants) ont été identifiés au cours de la pandémie jusqu’ici. (…) Comme pour les autres types de variants, la plupart d’entre eux disparaîtront relativement rapidement ".

De quoi s’inquiéter? 

Ce nouveau variant pourrait-il remettre en cause la trajectoire actuelle de la pandémie? Selon les informations de l’OMS, il pourrait être jusqu’à 10% plus transmissible que le variant BA.2, aujourd’hui majoritaire dans de nombreux pays dont la Belgique. 

Même constat au Royaume-Uni: selon un document des autorités sanitaires rapporté par nos confrères du Time, le variant XE pourrait croître jusqu’à 9,8% plus vite que le variant BA.2. Un bulletin ultérieur (8 avril 2022) de la UK Health Security Agency fait toutefois état d’un taux de croissance jusqu’à 12,6% supérieur à celui de BA.2. Il s’agit cependant de premières estimations. " Pour l’instant, il n’y a pas assez de preuves pour dresser des conclusions sur sa transmissibilité, sa sévérité ou sa résistance aux vaccins ", insiste Susan Hopkins, la conseillère médicale en cheffe de l’agence britannique sur le site du gouvernement.

Dans son bulletin du 29 mars 2022, l’OMS indique ne pas avoir " de nouvelles preuves d’une transmissibilité plus élevée ou de plus grandes sévérités des cas " liés à ce variant.  " Comme pour tout ce qui concerne l’ère du SARS-CoV-2, il n’y a pas de réponse simple ", nuance Andrew Bailey, professeur en maladies infectieuses à la Mayo Clinic, interrogé par le Time. Il souligne cependant que le peu de cas recensés du variant est encourageant: " Nous sommes au courant de son existence depuis la mi-janvier. Deux mois et demi plus tard, nous voyons encore des cas, mais ça n’a pas explosé ". Et de mettre en comparaison le variant Omicron qui, 4 semaines après sa découverte, " était partout dans le monde ". Le variant XE reste, en tout cas, placé sous surveillance par les autorités sanitaires.

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